160)la reconnaissance faciale provisoirement bannie des lieux publics ?
 
159)Voiture autonome, faille humaine
 
158)Fêter Noël, cadeau ou corvée ?

157)Réforme des retraites, déjà des concessions pour certaines professions

156)L’arrêt maladie devient-il une façon détournée de faire grève ?

155)Artus – Le mystère du secteur public en France

154)« Thérapies de conversion », des parlementaires veulent l’instauration d’un délit

153)Étude Pisa : les Français, élèves moyens dans un système inégalitaire

152)Réforme des retraites, pourquoi c’est si compliqué ?

 

151)Internet ou la planète, faut-il choisir ?

150)1989 : l’histoire bascule

149)Guillaume Pepy quitte une SNCF métamorphosée

148)Acheter sur Amazon, on arrête ?

147)La détection de la radicalisation, un geste citoyen ?

146)Terreur tous azimuts

145)EXCLUSIF. Les confidences de Mark Zuckerberg

ENTRETIEN. Cortex cérébral, éducation, réalité virtuelle… Le créateur de Facebook décrit au « Point » son monde idéal.

144)Signer une pétition, est-ce s’engager ?

143)La violence écrase le dialogue

142)la lourde addition du « cinq fruits et légumes par jour »

141)Comment réduire les inégalités ? 

140)Béglé - Les conséquences de l'affaire Sarkozy-Libye-Mediapart

 139)sommes nous pret à vivre aved moins d'eau

 138)Exportation de déchets, la France va devoir s’adapter

137)Rugy disculpé ?

136)Des Champs(-Élysée) au Champ (de Mars)

135)Réforme des retraites, le gouvernement laisse le champ libre à Jean-Paul Delevoye

134)5G, attention fausse alerte

133)Police, la réforme du maintien de l’ordre est lancée

132)Le rapport qui dédouane Linky

131)PMA, les trois options du gouvernement pour réformer la filiation

130)L'homme qui rêve d'un Web meilleur

129)Retraites : pourquoi vous devrez travailler plus longtemps

128)Réforme des retraites, ce qui reste à trancher

 127)Le mot de trop

 126)L'esprit de revanche obère la visionJouer avec le feu

125)Sauver un patient ou sauver la planète, telle est (vraiment ?) la question !

124)Mgr Michel Aupetit : « Donner pour Notre-Dame, c’est donner de son cœur »

123)Notre-Dame : polémique méprisable

122)Retraites : le faux débat

121)Emploi : l’offre écrase la demande

120)Selon une étude, la France du grand débat est l’inverse de celle des gilets jaunes

119)François Lenglet : 2019, année fatidique

118)Supputations sur l'avenirLa fatalité du mandat unique

117)Hollande : le coup de Jarnac

116)Faut-il prescrire la démocratie ?

115)Conférences citoyennes : à Paris, des participants impliqués et méfiants

114)Vérités fiscales

113)La vengeance du Sénat

112)Macron : le droit de parler

111)régression française

110)Fermeture des petites maternités : faut-il céder à la démagogie ?

109)Les gilets jaunes. Trois mois et cinq leçons politiques

108)le projet d'assemblée citoyenne d'un chirurgien cardiaque

107)En 2018, 70 000 sans domicile ont accédé à un logement durable

106)Grand débat. « Une voix en vaut une autre »saint pol de Léon

105)Une loi anti-casseurs

104)La presse brutalisée

103)Les maires, armes anti-« technocrates

102)L’économie réinventée

101)La guerre d’usure

 

 

C’est un rapport de près de 80 pages qui vient d’être publié aux États-Unis par le très sérieux National Transportation Safety Board (NTSB), la Commission nationale sur la sécurité des transports. Après dix-huit mois d’enquête, ce bureau fédéral américain a enfin rendu publique son enquête. Sans doute l’une des plus attendues de ces dernières années.

→ CRITIQUE. « Un monde d’automatisation ? », réflexion sur la machine éthique

Et pour cause : elle est la première d’une administration officielle sur un accident entre une voiture autonome et une piétonne. Elaine Herzberg, la victime de la collision survenue le 18 mars 2018 à Tempe, une ville de la banlieue de Phoenix, en Arizona, n’a malheureusement pas survécu à ses blessures. Et que dit-il, ce rapport ? Ses auteurs identifient plusieurs raisons pour expliquer le drame. D’abord, l’incapacité du système autonome à détecter le piéton. Certes, Elaine Herzberg fut bien repérée 5,6 secondes avant l’impact. Mais jamais le système ne l’identifia… comme un piéton. La raison ? La victime n’avait pas traversé sur les clous… Autres causes du choc mortel : la désactivation du freinage d’urgence, ainsi que l’incapacité des autorités à contrôler régulièrement ces systèmes.

La présence humaine, maillon faible ou nécessité ?

Mais à la lecture de l’épais rapport, c’est un autre point qui frappe. Car tout autonome qu’elle était censée être, la voiture de Tempe – en réalité, un taxi Uber – embarquait tout de même avec elle une conductrice, chargée de contrôler la bonne marche des opérations. Seulement voilà, l’« opératrice » fut distraite, nous apprend le rapport américain… par son téléphone portable. « L’opératrice regardait un show télévisé en utilisant une application sur son téléphone portable », écrivent ainsi les enquêteurs. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que, pour incriminer un système autonome, ce soit en fait un « facteur humain » qui soit ici encore en cause. Car c’est précisément la distraction de cette conductrice qui ne l’était pas, mais dont on attendait tout même qu’elle le fût un peu, que la NTSB incrimine en premier.

→ ALLER PLUS LOIN. Les dilemmes éthiques de la voiture autonome

Quelles leçons en tirer ? Les uns diront qu’ils ont enfin la preuve que le maillon faible de l’histoire est bel et bien l’humain : c’est lui, diront-ils, qui a commis une erreur ! Les autres concluront qu’au contraire, ce rapport est bien la preuve de la nécessité d’une présence humaine. Mais au-delà de cette alternative, l’accident de Tempe pose tout de même la question de la manière dont nous gardons le contrôle des « systèmes autonomes » à première vue géniaux. En intitulant un récent rapport « Comment permettre à l’Homme de garder la main ? », la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) ne s’y est d’ailleurs pas trompée.

Sans doute est-ce pour cela que le législateur français s’apprête à faire entrer dans la loi la notion de « garantie humaine », qui impose à tout système fondé sur des algorithmes et déployé dans le domaine de la santé d’être régulièrement contrôlé par un être humain. C’est un début. Et à vrai dire, cette notion de garantie humaine semble même être un minimum vital pour pouvoir faire confiance à ces systèmes autonomes. Mais encore faut-il que la garantie soit fiable.

 

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158)Fêter Noël, cadeau ou corvée ?

Cas de conscience. De nombreux Français disent célébrer Noël par obligation. Perte de sens pour certains, conflits familiaux ravivés pour d’autres : comment retrouver la magie ancestrale ?

  • Sophie Viguier-Vinson,
  • le 19/12/2019 à 15:32
  • Modifié le 22/12/2019 à 11:18

Lumières, feu de bois, chants, crèche et célébration de la naissance de Jésus, mais aussi gourmandises, « jouets par milliers » et retrouvailles. C’est tout cela, Noël. De quoi réchauffer le cœur froid de l’hiver et faire rêver. Mais pas tout le monde, et ceux qui n’y trouvent plus leur compte ne s’en cachent pas : 29 % des Français considèrent cette fête comme une obligation (pénible !) (1). À cette échelle, ne pas aimer Noël n’est plus un tabou. Même pas grave ! Quoique… La thérapeute Nicole Prieur (2) entend, chaque année, les plaintes et les craintes mâtinées d’un soupçon de mauvaise conscience, de patients épuisés physiquement et psychiquement à l’avance.

La perte de sens

Le phénomène n’est pas nouveau. Au début des années 1950, les catholiques de Dijon avaient brûlé une représentation du Père Noël sur le parvis de leur cathédrale pour dénoncer un rituel païen, tandis que d’autres mettaient déjà à l’index une récupération commerciale. Le spectre des privations de la guerre s’éloignait et l’envie de gâter plus que jamais petits et grands explosait : cela déplaisait, et l’on s’insurgeait alors au nom même des valeurs de Noël. Aujourd’hui, les défenseurs de l’environnement, de plus en plus nombreux, critiquent un délire de consommation et surtout son impact sur la planète, ce qui n’est pas sans générer des tiraillements.

Nous savons qu’il faudrait se limiter, mais nous multiplions tout de même les achats, quitte à céder, par exemple, au « Black Friday » inaugural de la période des fêtes. Malaise… Nicole Prieur note aussi le problème que pose la perte de sens, qu’il s’agisse de souligner l’absurdité de la course aux cadeaux obligatoires, ou la déconnexion avec l’origine spirituelle de Noël, sur fond de déchristianisation. Et quand cela se perd, que reste-t-il ?

Le lien, le partage, la joie de se voir, bien sûr ! Mais pas toujours non plus, et les raisons de redouter ces moments sont nombreuses. « L’éclatement géographique et la recomposition des familles après une séparation, survenant chez les jeunes comme chez les seniors, ne facilitent rien et beaucoup se retrouvent confrontés à des conflits de loyautés », explique encore Nicole Prieur. Il faudrait être avec ses deux parents ou grands-parents en même temps pour que ce soit vraiment Noël, et cela ne se peut.

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De quoi raviver le manque, le deuil aussi pour ceux qui ont perdu un proche récemment, ou même longtemps avant. Ou encore le sentiment de solitude pour ceux qui n’auront personne avec qui célébrer ce moment. Nous pourrions donc tous avoir une raison de ne pas aimer Noël.

Pourquoi alors continuer à le fêter si cela fatigue, écœure, stresse, rouvre les blessures… ? Parce que c’est tout de même Noël ! La naissance du Christ, son incarnation, pour les chrétiens : Jésus, vrai Dieu, vrai homme. Et aussi parce que les enfants ou petits-enfants attendent ce moment avec une impatience fébrile, des étoiles dans les yeux.

Pour eux, nous faisons beaucoup, nous décorons le sapin, trouvons de quoi les gâter, empaquetons, cuisinons et préparons finalement la fête. « N’est-ce pas qu’au fond de nous veille toujours le désir de croire, aussi peu que ce soit, en une générosité sans contrôle, une gentillesse sans arrière-pensée ; en un bref intervalle durant lequel sont suspendues toute crainte, toute envie et toute amertume ? Sans doute ne pouvons-nous partager pleinement l’illusion ; mais ce qui justifie nos efforts, c’est qu’entretenue chez d’autres, elle nous procure au moins l’occasion de nous réchauffer à la flamme allumée dans ces jeunes âmes », écrivait l’anthropologue Claude Levi-Strauss (3).

Retrouver la magie ancestrale

Si la perspective de la fête qui approche pèse trop, s’il semble décidément difficile de supporter une énième réflexion d’un parent maladroit, une nouvelle dispute sur l’actualité agitée, le souvenir d’un disparu surgissant en boomerang, la messe de minuit ou l’absence de messe de minuit… Cela se soigne ? Oui, par la fuite, pensent certains, qui se laisseraient (presque) le choix de renoncer à jouer le jeu, même s’ils hésitent à peiner ceux qui aiment Noël.

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« La question ne se serait même pas posée il y a encore une décennie, note Nicole Prieur, et finalement, les récalcitrants finissent généralement par rentrer, bon gré mal gré, dans la ronde. » Comment retrouver un peu de la magie ancestrale évoquée par Claude Lévi-Strauss ? Peut-être en commençant par assumer pleinement la décision d’y participer, sans reculer et en faisant bonne figure pour autrui, et pour soi-même aussi.

Petit exercice proposé par la thérapeute : s’installer confortablement, se laisser envahir par la chaleur, les odeurs, les saveurs, les lumières… Afin de se sentir protégé dans un cocon de douceur qu’une remarque aigre-douce n’entamera pas. Il faut y croire. Et si le feu de l’action ne permet pas ce paisible retour sur soi, trouvons un peu de complicité avec ceux qui ne sont pas dupes, non plus, des inévitables travers de la fête, qui peut aussi être belle, même malgré soi. Douce nuit, sainte nuit, dans les cieux, l’astre luit !

 

(1) Sondage O2 Care Services, décembre 2019.

(2) Auteure de Petits règlements de compte en famille (Albin Michel, 2009) et de L’Hypnose pour simplifier les relations familiales (Pocket, 2019). À retrouver sur parolesdepsy.com

(3) « Le Père Noël supplicié » de Claude Lévi-Strauss, publié dans Les Temps modernes, 1952.

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157)Réforme des retraites, déjà des concessions pour certaines professions

Explication

Le futur système universel de retraites comportera bien des exceptions. Si certaines professions, comme les cheminots et les enseignants, n’ont pas encore obtenu des précisions sur leurs revendications, d’autres ont déjà reçu des assurances du gouvernement.

  • Audrey Dufour,
  • le 27/12/2019 à 16:42
  • Modifié le 27/12/2019 à 17:49

« Dans toute négociation, il y a des concessions (…) et elles se compteront certainement en milliards ». Les déclarations d’Olivia Grégoire, vice-présidente LREM de la commission des finances de l’Assemblée nationale, lundi 23 décembre 2019, n’ont pas rassuré les tenants d’une rigueur budgétaire.

Dans son principe, la réforme des retraites devait mettre en place un système universel à enveloppe constante. Mais depuis, les concessions se sont multipliées auprès des différents régimes spéciaux et autonomes pour que le changement se passe le plus en douceur possible. Résultat, « l’addition risque d’être fort salée » a reconnu l’élue, qui estime pour autant que « le jeu en vaut la chandelle (…) si on arrive à faire entrer les régimes spéciaux dans un régime universel. »

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Des policiers aux marins en passant par les hôtesses de l’air, tour d’horizon des concessions déjà obtenues par certaines professions et des points de blocage persistants.

► LES FORCES DE L’ORDRE ET LES POMPIERS

Les concessions

• L’entrée en vigueur. Comme dans les régimes spéciaux de la RATP et de la SNCF, la première génération concernée par le système universel sera celle née en 1985 pour les policiers, gardiens de prison et contrôleurs aériens et celle née en 1980 pour les pompiers, douaniers et policiers municipaux.

• Les départs anticipés. Les policiers, gardiens de prison et les contrôleurs aériens pourront conserver leur départ anticipé à 52 ans. Les pompiers professionnels, les douaniers et les policiers municipaux conserveront également leur départ anticipé à 57 ans.

• La bonification du cinquième. Concernant la bonification du cinquième, le système sera le même que pour les militaires (lire ci-dessous).

Les blocages

• La différence de fonction et non plus de statut. Les départs anticipés resteront soumis à des conditions de durée de service actif, qui sont actuellement fixées à 17 ans ou 27 ans selon les professions. Cette condition de service actif pose problème, notamment chez les policiers. Le document de travail d’Édouard Philippe précise en effet que les départs anticipés seront maintenus « sous réserve d’avoir effectivement occupé pendant une durée minimale des fonctions opérationnelles les exposant au danger ». Autrement dit, et comme le préconisait déjà Jean-Paul Delevoye, il ne suffira plus d’être policier, il faudra avoir été sur le terrain face au danger.

Mais comment définir un policier de bureau et un policier de terrain ? Et quelle « durée minimale » sera retenue ? Faudra-t-il avoir fait 27 ans à la BAC pour partir plus tôt ? L’idée est inacceptable pour les syndicats de policiers, qui refusent cette différenciation selon les fonctions et souhaitent le maintien du service actif pour tous, quel que soit le lieu de travail.

• L’âge d’équilibre. Ces départs anticipés ne signifient pas forcément des départs à taux plein, et ces professions pourraient se voir appliquer une décote, comme c’est déjà le cas actuellement en cas de trimestres manquants. Dans un système universel sans trimestre existerait alors un âge d’équilibre, qui serait toutefois moins tardif que celui de 64 ans avancé pour le régime général.

► LES MILITAIRES

Les concessions

• Les départs anticipés. Comme les autres « fonctions dangereuses liées à une mission régalienne » selon l’expression consacrée, les militaires conserveront des départs anticipés à la retraite. Mi-décembre, le projet présenté par Édouard Philippe indiquait un départ possible après 17 ans de services pour les militaires du rang et les sous-officiers, et après 27 ans de services pour les officiers. Dans les deux cas, la retraite pourra être immédiatement perçue.

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• La bonification du cinquième. Le projet prévoit aussi une surcotisation patronale, de l’État donc, pour compenser la perte de la bonification du cinquième. Actuellement, les militaires bénéficient d’une majoration d’une année tous les cinq ans de services, dans la limite de cinq ans. Cela leur permet de partir plus tôt sans décote, mais cette bonification ne permet pas d’améliorer la pension au-delà du taux de 75 % de la fonction publique. Dans le futur système, la surcotisation permettra au contraire d’obtenir plus de points et donc une meilleure pension mais n’influencera pas sur les conditions d’âge.

► LES HÔTESSES DE L’AIR ET LES PILOTES

Les concessions

• Le maintien de la caisse complémentaire. Principale crainte du personnel aérien, leur caisse autonome de retraite complémentaire (CRPN) sera bien maintenue. Dans le futur système universel, sa disparition était programmée puisqu’il n’était prévu qu’une seule et unique caisse de retraite. Mais la CRPN dispose d’un peu moins de 5 milliards d’euros de réserve que les hôtesses et stewards refusaient de voir disparaître dans le « pot commun » des retraites.

• Les cotisations. Une partie des cotisations du personnel aérien continuera donc à aller dans cette caisse complémentaire au lieu de rejoindre le système universel. C’est notamment le cas pour les pilotes qui pourront cotiser au CRPN pour continuer à ouvrir des droits à la retraite au-delà du seuil de 120 000 € brut annuels. Normalement, à partir de ce seuil doit s’appliquer une cotisation de solidarité de 2,81 % non génératrice de droits.

Les blocages

• L’âge de départ. Concernant l’âge, les pilotes ont obtenu le maintien de leur départ à taux plein à 60 ans, mais le personnel navigant commercial, lui, devra progressivement passer de 55 ans à 60 ans pour les générations nées après 1987.

► LES MARINS (MARINE MARCHANDE ET PÊCHEURS)

Les concessions

• Les départs anticipés. Les premiers marins à basculer dans le système universel à points sont ceux nés à partir de 1982, selon la règle qui exclut toute personne à moins de 17 ans de la retraite. À l’issue d’une rencontre en fin de semaine dernière, le gouvernement a promis de maintenir leurs départs anticipés. Actuellement, les marins peuvent bénéficier de différents types de pensions, et partir soit à 52 ans s’ils ont 37,5 ans de cotisation, soit à 55 ans à condition d’avoir effectué au minimum 15 ans de navigation.

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Les blocages

• Le taux de cotisation. Concernant les cotisations, qui doivent être harmonisées pour atteindre le taux unique de 28,12 % dans le futur système universel, des discussions doivent encore avoir lieu. Mais l’exécutif a déjà promis que la transition serait longue pour ne pas fragiliser des entreprises en difficulté.

► LES ROUTIERS

Les concessions

• Les départs anticipés. Bien que les revendications des routiers dépassent le seul cadre des retraites, ils ont obtenu gain de cause sur ce point. Élisabeth Borne, ministre des transports, a confirmé mi-décembre le maintien du congé de fin d’activité (CFA).

Ce dispositif permet de partir jusqu’à cinq ans plus tôt (57 ans donc) pour les chauffeurs de poids lourds de plus de 3,5 tonnes ayant au moins 26 ans de conduite (20 ans pour le transport de fonds) et à condition que l’entreprise embauche un nouveau salarié en CDI et à temps plein. Jusqu’à la liquidation effective de leur retraite, les chauffeurs bénéficiant du dispositif perçoivent alors 75 % de leur dernier salaire brut moyen.

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156)L’arrêt maladie devient-il une façon détournée de faire grève ?

Paris, le jeudi 26 décembre 2019 – Le procédé avait déjà ému dans le cadre du mouvement des urgences durant lequel on a assisté, dans certains établissements de santé, à des « arrêts maladies groupés » que certains avaient interprétés comme un moyen d’éviter les réquisitions de soignants. Le même phénomène, complexe à analyser, se déroule actuellement à la RATP.
 
Ainsi, le Parisien rapporte que les arrêts maladie chez les 3 000 conducteurs qui circulent sur les 16 lignes du métro parisien sont en forte hausse « parfois, de plus de 300 % » entre la première quinzaine de décembre 2018 et celle de 2019. Un phénomène qui s'est accentué lors de la deuxième semaine de grève. Entre les 16 et 19 décembre, ils ont été multipliés par quatre (137 en moyenne par jour, entre les 17 et 20 décembre 2018) pour atteindre 578 arrêts maladie en moyenne par jour. Le jeudi 19 décembre, le 15e jour de grève et journée de mobilisation interprofessionnelle, un pic de 646 arrêts maladie a été colligé.
 
On note la même évolution chez les chauffeurs de bus (+170 % la première semaine, +200 % la deuxième), et auprès des 850 conducteurs de RER avec un bond de plus de 300 % entre décembre 2018 et décembre 2019.

Le stress du non-gréviste

Mais ces arrêts maladie ne sont pas forcément un moyen de faire la grève à peu de frais. Ils peuvent aussi être liés au stress provoqué chez les non-grévistes par la cohue des usagers auxquelles ils assistent tous les jours et aux attaques des grévistes qui les accusent, parfois, de « traitrise ».
 
Ainsi, sur RTL, le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, explique : « ce sont des chiffres à prendre avec précaution. Le seul arrêt que j'ai fait pour une personne de la RATP, c'était pour une conductrice de bus. Elle sortait d'un congé maternité, elle n'avait pas les moyens de faire grève et subissait la pression de ses collègues grévistes (…) Elle avait des angoisses, peur d'être stigmatisée, et donc elle ne dormait pas. Je lui ai fait un arrêt de trois ou quatre jours. Derrière un arrêt de travail, il y a toujours un symptôme qui fait que la personne n'est pas bien dans son travail. Ce sont rarement des arrêts de complaisance ». 
 
Reste que la direction de la régie des transports parisiens annonce intensifier ses contrôles pour s'assurer de la véracité de ces actes.

Une attitude scandaleuse pour les syndicats qui dénonce un « gouvernement (…) prêt à tout pour décrédibiliser le mouvement. Les arrêts maladies, ce sont des médecins qui les délivrent, pas les agents de la RATP » soulignent-ils ainsi…
 
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155)Artus – Le mystère du secteur public en France

CHRONIQUE. Nos dépenses publiques sont les plus élevées de l'OCDE et pourtant, partout, il semble manquer de l'argent. Pourquoi un tel paradoxe ?

Par
Publié le 14/11/2019 à 17:39 | Le Point.fr

Les dépenses publiques de retraite représentent 12,8 % du PIB, contre 7,5 % pour l’OCDE. 

© Amaury Cornu / Hans Lucas

 

154)« Thérapies de conversion », des parlementaires veulent l’instauration d’un délit

Après trois mois d’auditions, les rapporteurs de la mission parlementaire sur les « thérapies de conversion » ont présenté, mercredi 11 décembre, des propositions pour mieux protéger les victimes et sanctionner les auteurs de telles pratiques.

  • Claire Lesegretain,
  • le 12/12/2019 à 06:00
  • Modifié le 12/12/2019 à 08:07

« Il faut que ça s’arrête, il faut empêcher des jeunes de souffrir. » C’est en citant une jeune femme homosexuelle ayant subi une « thérapie de conversion » en France que Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM, Allier) et Bastien Lachaud (LFI, Seine-Saint-Denis) ont ouvert, mercredi 11 décembre, la conférence de presse présentant les conclusions de la mission parlementaire sur « les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle d’une personne ».

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Après 28 auditions d’une soixantaine de personnes, cette mission a établi « un état des lieux complet » de ces pratiques et constaté qu’il en existe trois types en France. D’abord, des « thérapies religieuses », qui sont le fait de groupes chrétiens tels Torrents de vie (évangélique) ou Courage (catholique), mais aussi de certains milieux musulmans où sont organisés des ruqiyas (exorcismes propres à l’islam).

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Puis des « thérapies médicales », comme celle subie par ce jeune homme qui a raconté avoir été interné deux mois dans une clinique privée où il a subi des électrochocs. Enfin, des « thérapies sociétales », qui consistent par exemple, selon Laurence Vanceunebrock, « à renvoyer au bled des jeunes femmes homosexuelles pour leur imposer un mariage ou subir une excision ». Dans certaines communautés de gens du voyage, des jeunes homosexuels se verraient obligés, sous la menace parfois de mort, d’épouser une femme et d’avoir des enfants.

Sanctionner certaines pratiques

La mission parlementaire dénonce les dégâts provoqués par ces pratiques, « fondées sur une conception fausse de l’homosexualité » et qui, comme l’ont répété les victimes, ne permettent en rien de modifier l’orientation sexuelle. Les deux rapporteurs proposent donc onze orientations pour y mettre fin. À commencer par l’instauration d’une « infraction spécifique au sein du code pénal » visant à réprimer les « thérapies de conversion ».

Si le droit français permet déjà de sanctionner certaines pratiques – tombant sous la condamnation du harcèlement moral ou de discriminations en raison de l’orientation sexuelle –, il est très difficile pour les victimes de porter plainte. « La création d’un délit spécifique permettrait d’adresser un signe clair aux auteurs et aux victimes », insiste Bastien Lachaud, qui souhaite qu’une condamnation soit inscrite dans le code de la santé publique.

La mission propose encore d’étendre la circonstance aggravante, qui existe déjà pour les faits de violence sur des mineurs de moins de 15 ans, aux 16-18 ans. Elle souhaite également une enquête par les pouvoirs publics afin d’obtenir des statistiques.

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La mission, enfin, demande au système scolaire de « jouer pleinement son rôle en luttant contre les discriminations dès le plus jeune âge », notamment à travers des cours d’éducation à la sexualité (obligatoires depuis 2001) qui intègrent la question de l’homophobie.

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153)Étude Pisa : les Français, élèves moyens dans un système inégalitaire

Analyse

Léger recul en compréhension de l’écrit et en sciences, faible hausse en mathématiques… La France ne fait guère mieux que la moyenne de l’OCDE, selon la dernière étude triennale Pisa, dévoilée le mardi 3 décembre.

  • Denis Peiron,
  • le 03/12/2019 à 08:40
  • Modifié le 03/12/2019 à 14:59
    •  
       

En l’espace de deux décennies, Pisa s’est imposée comme la référence en matière de performance scolaire. Cette étude, réalisée tous les trois ans, compare le niveau des élèves de 15 ans dans 79 pays. La France en est rarement sortie grandie, et la dernière édition de l’étude, qui porte sur des tests réalisés en 2018, ne permet pas à notre école de s’échapper du milieu de tableau.

Pour cette session, l’accent était mis avant tout sur la compréhension de l’écrit, qui avait aussi constitué une « majeure » en 2009. Dans l’intervalle, le score moyen des élèves français a légèrement reculé pour s’établir à 493 points (– 3). C’est à peine mieux que la moyenne de l’OCDE (487 points), elle aussi en retrait par rapport à 2009 (– 6). Nos jeunes sont globalement plus à l’aise lorsqu’on leur demande de localiser l’information dans un texte que lorsqu’ils sont tenus de livrer des éléments de compréhension ou d’analyse et réflexion.

17e position pour la France

La France, quoi qu’il en soit, se range en 17e position parmi les pays de l’OCDE, à égalité avec la Belgique. En tête du classement, on trouve l’Estonie (523 points), suivie du Canada (520) et de la Finlande (520), souvent citée en exemple. Cependant, d’autres pays, non-membres mais partenaires de cette organisation, les devancent : la Chine (ou plutôt de quatre de ses provinces), avec 555 points et Singapour (549 points), par exemple.

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S’agissant des deux « mineures » de cette édition, les performances de la France sont, là encore, décevantes. En maths, nos élèves obtiennent 495 points (+ 2 par rapport à 2015) et 493 (– 6 par rapport à la précédente session comparable, en 2012). Leurs résultats sont légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 489 points dans l’une et l’autre de ces disciplines.

La France, championne des inégalités sociales

Notre pays se distingue en revanche par le caractère inégalitaire de son système éducatif. Elle reste l’un des pays de l’OCDE où l’écart de résultats entre élèves issus d’un milieu socialement favorisé et élèves d’extraction modeste est le plus fort : il s’établit à 107 points (contre 110 précédemment), tandis que la moyenne de la zone est de 89 points.

Cette caractéristique demeure le « point noir » de la France, commente Pauline Givord, analyste à l’OCDE. « Un élève issu de milieu défavorisé présente cinq fois plus de risques d’être en difficulté en compréhension de l’écrit qu’un camarade issu d’un milieu favorisé, relève-t-elle. Et seuls 2 % des jeunes socialement défavorisés se trouvent parmi les élèves les plus performants [niveaux 5 et 6 sur une échelle de 1 à 6, NDLR], tandis que 20 % des jeunes favorisés atteignent de tels résultats. »

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Ces inégalités sociales, restées stables depuis la précédente édition de Pisa, nourrissent semble-t-il une forme d’autocensure. Ainsi, peut-on lire dans l’étude que parmi les élèves ayant obtenu de bons résultats aux tests, un sur cinq ne prévoit pas de suivre des études supérieures quand il vient d’un milieu défavorisé. Un cas très rare lorsque le jeune vit dans un environnement favorisé.

Un manque de discipline dans les classes

Une nouvelle fois, l’intérêt que présente la comparaison Pisa va bien au-delà des scores bruts pris en compte pour le classement. Cette nouvelle édition met par exemple en lumière les différences de climat scolaire d’un pays à l’autre. En France, seuls 45 % des élèves disent coopérer entre eux dans leur établissement, contre 62 % en moyenne dans l’OCDE.

Pire : la France apparaît comme l’un des trois pays dans lesquels les jeunes se plaignent de problèmes de discipline au sein de la classe. Un sur deux dit qu’il y a du bruit ou du désordre dans la plupart ou dans tous les cours (contre un sur trois en moyenne dans l’OCDE). Et deux sur cinq estiment que le temps d’apprentissage est réduit en raison du bruit (contre un sur quatre en moyenne dans la zone).

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152)Réforme des retraites, pourquoi c’est si compliqué ?

À l’approche de la journée de grève du 5 décembre, Édouard Philippe a évoqué un report possible de la réforme des retraites. Retour sur les grandes questions qui irriguent le débat sur les retraites.

  • Emmanuelle Réju et Michel Waintrop,
  • le 29/11/2019 à 06:46
  • Modifié le 29/11/2019 à 17:45
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► Pourquoi le gouvernement s’est-il lancé dans un tel chantier ?

C’est une promesse électorale d’Emmanuel Macron : rebâtir le système de retraite, éparpillé dans 42 régimes professionnels, pour en faire un système universel à points.

La promesse tient en une formule, qui plaît aux Français soucieux d’équité en matière de retraite : 1 euro cotisé devra donner les mêmes droits à tout le monde. Ce qui revient à dire que les règles de calcul de la pension seront les mêmes pour tous. Exit donc les régimes spéciaux, mais aussi les multiples régimes organisés par profession. Avantage : une plus grande solidité financière puisque tout le monde cotise au pot commun ; plus de simplicité ; plus de lisibilité.

→ ANALYSE. Réformer et apaiser, les promesses contrariées d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron le répète alors : il ne s’agit pas de faire des économies ; il n’y aura donc pas, promet-il, de nouvelles mesures d’âge (recul âge légal ou nouvelles incitations à travailler plus longtemps).

► Pourquoi le débat financier a-t-il ressurgi ?

L’impulsion est venue de Matignon. Premier accroc à la promesse présidentielle : au printemps dernier plusieurs ministres évoquent la possibilité de faire travailler les Français plus longtemps pour financer la prise en charge des personnes dépendantes. Le sujet reste en friche, la présentation du projet de loi sur le grand âge ayant été repoussée au début de l’année prochaine.

Édouard Philippe avance désormais un autre argument : la nécessité d’avoir un régime globalement à l’équilibre au moment de l’entrée en vigueur du nouveau système – 2025 jusqu’à nouvel ordre – histoire de repartir du bon pied. Le premier ministre ayant exclu pour y parvenir une hausse des cotisations ou une baisse des pensions, reste un nouvel allongement de la durée du travail.

→ REPÈRES. Ce qu’il faut savoir sur la grève du 5 décembre 2019

Pour les promoteurs du système universel, le retour du débat financier a été un coup de poignard dans le dos. Les Français sont si anxieux en matière de retraite, si défiants envers les pouvoirs publics ; les retraites sont un sujet si complexe que la réforme ne sera acceptée qu’à une condition : arriver à les convaincre que le but n’est pas de leur tondre la laine sur le dos.

► Y a-t-il ou non un problème financier ?

Malgré la dégradation du ratio entre cotisants et retraités, le système de retraites est sur une trajectoire soutenable grâce aux efforts consentis ces trente dernières années. L’âge légal de départ à la retraite a été décalé de 60 à 62 ans, et la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein a été allongée.

Une autre mesure, moins visible, a été tout aussi efficace : les droits acquis en cours de vie active et les pensions servies ne sont plus indexés sur les salaires, mais, au mieux, sur l’inflation.

De ce fait, le comité d’orientation des retraites (COR) souligne bien dans son dernier rapport que « les dépenses de retraite ne sont plus sur une dynamique non contrôlée et que l’évolution de leur part dans le PIB serait maîtrisée, tant sur un horizon de dix ans que de 50 ans ». La part des dépenses de retraite dans le PIB – qui mesure l’effort des actifs envers les retraités – qui était de 13,8 % en 2018 sera stable ou très proche de ce niveau en 2030.

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La concertation sur les retraites, miroir de toutes les inquiétudes