13)La montagne russe des prix des fruits et légumes

12)Lait : le piteux échec des Chinois en Bretagne

11)UE-Mercosur, ce traité qui inquiète tant les agriculteurs

10)Emmanuel Macron s’engage sur l’avenir du monde agricole 

9)Plusieurs alternatives pour remplacer le glyphosate

8)Les états généraux de l’alimentation entrent dans le vif du sujet

7)Vote des agriculteurs. Le désamour européen

6)Production agricole. La Bretagne reste dans la course 

5)DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT DES EVEQUES DE FRANCE

4)Le revenu des agriculteurs plonge en 2016

3)Crise agricole. Un agriculteur sur trois touche moins de 354 euros par mois

2)Crise Laitière, La Guerre Des Prix Est Relancée

 1)Crise laitière : les décisions sont insuffisantes

 

13)La montagne russe des prix des fruits et légumes

Selon l’Observatoire annuel des prix des fruits et légumes de l’association Familles rurales, les fluctuations sont très importantes d’une année sur l’autre depuis 2010. Cela complique le budget des ménages. Vingt pour cent des familles disent ne jamais consommer de fruits ou de légumes bio, dont le prix a plus augmenté que le non-bio.

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Les familles modestes seraient les plus éloignées de la fameuse préconisation sur les « cinq fruits et légumes par jour », inspirée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  / travelbook - stock.adobe.com

Comme chaque été depuis une douzaine d’années, melons, cerises, carottes et autres poivrons passent à la moulinette de l’Observatoire des prix des fruits et légumes de l’association de consommateurs Familles rurales (1).

Et comme presque chaque année, au moins depuis 2010, les variations sont très sensibles d’un été sur l’autre. « Entre 2017 et 2018, les consommateurs ont payé en moyenne 4 % plus cher le kilo de fruits et 5 % celui de légumes », note Dominique Marmier, président de Familles rurales.

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Bien entendu, les écarts sont très hétérogènes selon les produits et l’on peut noter les près de 18 % de hausse sur les pêches mais aussi les - 13 % sur les fraises. « Ce n’est sans doute pas un hasard si le fruit le plus cher a connu la plus forte baisse, dit en souriant Dominique Marmier. Les familles ayant un budget contraint, elles ont sans doute un peu boudé le fruit, obligeant à des prix plus modérés. » À remarquer aussi la hausse vertigineuse de la carotte avec… + 43 % !

 

Au fil des années, Familles rurales s’est inquiétée de ces variations saisonnières, soulignant qu’elles nuisent à une « politique de santé nutritionnelle efficace » sur la durée. « Le salaire médian des Français est relativement stable, insiste le président de l’association. Il est donc difficile de consacrer un budget constant à ce poste de dépenses qui est relativement onéreux si l’on souhaite respecter le Programme national nutrition santé (PNNS). Nous espérons que la loi issue des états généraux de l’alimentation permettra de réformer le système de négociations commerciales entre producteurs et distributeurs en partie responsable de ces variations. »

Le prix des produits bio pointé du doigt

Les familles modestes seraient les plus éloignées de la fameuse préconisation sur les « cinq fruits et légumes par jour », inspirée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon laquelle il est nécessaire de manger 400 grammes de ces produits au quotidien par personne. Respecter cette consigne représente entre 8 % et 17 % du budget d’une famille de deux adultes et deux enfants avec un smic. Soit entre 115 € avec les prix les plus bas en magasin à bas coût et 255 € pour une famille adepte du tout-bio.

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L’Observatoire de Familles rurales pointe d’ailleurs le prix des produits bio qui auraient augmenté en moyenne bien plus rapidement que les fruits et légumes conventionnels. « Le prix des fruits issus de l’agriculture biologique a connu une hausse moyenne de 38 % entre 2010 et 2018 contre 19 % pour le conventionnel, dit Dominique Marmier. Pour les légumes, le bio a augmenté de 29 % contre 18 %. Cela sans doute parce que la demande est plus importante que la quantité disponible. »

Le bio dans les fruits et légumes reste a priori inaccessible pour les consommateurs au budget contraint. L’association a en effet interrogé 500 familles pour connaître leurs habitudes d’achat. Une sur cinq dit ne jamais en consommer alors que 60 % souhaitent augmenter leur consommation.

Les lasagnes truquées, une rupture chez les consommateurs

Familles rurales a constaté une autre évolution importante dans son enquête auprès des ménages. « Nous leur avons demandé quels étaient les critères de choix de leurs paniers de primeurs en général, explique Dominique Marmier. Pour la première fois, le prix a reculé à la quatrième position, cité seulement par 36 % des familles. »

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La saisonnalité des primeurs, l’origine et la fraîcheur sont, en ordre décroissant les trois premiers critères indiqués. Le prix et le bio sont presque sur la même ligne d’arrivée. « C’est une satisfaction car cela fait longtemps que nous tentons de faire passer le message de la saisonnalité », dit Dominique Marmier selon lequel l’affaire des lasagnes truquées, en 2013, a marqué une rupture chez les consommateurs.

L’étude satisfera en tout cas les producteurs locaux. Que ce soit sur l’origine, la qualité, le rapport qualité-prix ou sur le prix, ils sont ceux qui inspirent le plus confiance aux familles.

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3 600 € par an : le budget alimentation par Français

3 600 € pour l’alimentation. C’est que consacrait en moyenne par an un Français pour son
alimentation (produits alimentaires, boissons, restauration), soit 20 % de ses dépenses de consommation, selon une étude de l’Insee de 2015. Cette part était de 35 % il y a cinquante ans.

La viande représente 20 % de ce budget, suivie par les achats de fruits et légumes (15,5 %), de pains et céréales (13 %), d’œufs et produits laitiers (12 %) ou encore de poissons (5 %).

En juillet 2018, les prix de l’alimentation ont augmenté de + 1,9 % sur un an avec une accélération de la hausse des produits frais (+ 6,4 % sur un an, après + 5,9 % en juin), du fait d’une augmentation plus vive des prix des légumes frais (+ 10,1 %, après + 8,3 %). La hausse des fruits ralentit (8,0 % sur un an, après 9,1 %).

Michel Waintrop

(1) Les prix ont été relevés par une cinquantaine de personnes du 4 au 10 juin puis du 2 au 8 juillet dans 33 départements et dans 4 types de magasins : hyper/supermarchés, hard discount, marchés et magasins spécialisés bio. Le panel comporte 8 fruits d’une même variété (pomme, melon, abricot, cerise, fraise, pêche, nectarine et poire) et 8 légumes (aubergine, carotte, courgette, haricot vert, poivron, pomme de terre, tomate et salade).

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12)Lait : le piteux échec des Chinois en Bretagne

Sodiaal, première coopérative laitière française, est entrée en discussions avec le chinois Synutra, pour étudier la reprise de l’usine de poudre de lait infantile de Carhaix.

Cette déconfiture tranche avec l’inauguration en grande pompe de cette usine, il y a deux ans.

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L'usine de lait infantile en poudre, de la société chinoise Synutra à Carhaix dans le Finistère. / Vincent MOUCHEL/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

« Sodiaal confirme être entré en discussion avec Synutra pour étudier la reprise d’une partie du site de Carhaix (Finistère). » La première coopérative laitière française a confirmé, mercredi 29 août, son intention de racheter l’usine de production de poudre de lait infantile du groupe chinois Synutra, son principal client. Depuis plusieurs mois, ce dernier ne respectait plus les termes de son contrat commercial avec Sodiaal (marques Candia, Régilait, Entremont, Yoplait) et ses autres fournisseurs.

La semaine dernière, des huissiers ont effectué des saisies à titre conservatoire. Les impayés atteindraient plus de 30 millions d’euros. Le rachat du site permettrait à la coopérative de récupérer une partie de sa mise de départ. Les derniers comptes de Synutra, fin mars 2017, font état de dettes de plus de 38 millions envers ses fournisseurs, et d’une faible rentabilité, ne permettant pas de faire face aux emprunts.

 

Une concurrence féroce entre les acteurs du marché du lait infantile

Cette déconfiture tranche avec l’inauguration en grande pompe de cette usine, il y a deux ans. Des centaines de Chinois avaient assisté au feu d’artifice destiné à « chasser les mauvais esprits », en présence du maire Christian Troadec, du député Richard Ferrand et du vice-président de la région Bretagne. Avec un investissement de 170 millions d’euros, l’industriel chinois avait construit deux imposantes tours de séchage de 50 mètres de haut, qui plaçaient l’usine de 38,000 m² au premier rang européen.

Des complications techniques dans la mise en route des procédés de production, et une concurrence féroce entre les acteurs du marché du lait infantile, estimé à 25 milliards d’euros par an, pourraient expliquer les difficultés de Synutra. Et depuis le 1er janvier, les autorités de Pékin imposent aux industriels des règles de qualité et de volumes plus strictes.

Sodiaal affirme cependant que « cette acquisition éventuelle lui permettrait d’accélérer son développement sur le marché porteur du lait infantile, en Chine et sur d’autres marchés mondiaux », conformément à son plan stratégique de 2017. La coopérative « se doterait ainsi d’une capacité de production supplémentaire », ajoute-t-elle.

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Un important turnover lié aux conditions de travail très difficiles

Pour les 350 salariés de l’usine, cette acquisition pourrait être un soulagement. Les conditions de travail très difficiles, et le management strict avaient entrainé un important turnover. Nombre de cadres avaient jeté l’éponge. Pour faire face à la vase des démissions chez les techniciens, Synutra avait diffusé des annonces de poste en Espagne. Le représentant de la CGT, seul syndicat représenté, n’a pas souhaité répondre aux appels de La Croix. « Dès qu’un salarié prend un mandat syndical, il est viré », indique la section agroalimentaire de la CFDT du Finistère.

Du côté des producteurs laitiers, cette annonce inquiète. La FNSEA déplore un manque de transparence. La Coordination rurale a réclamé auprès de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, la réalisation d’un audit de la coopérative par le Comité interministériel de restructuration industrielle, avant « qu’une décision irrévocable, mettant en danger la pérennité de la société et l’avenir de ses coopérateurs, soit validée ». Troisième coopérative européenne, Sodiaal compte plus de 20 000 sociétaires producteurs sur 12541 exploitations, dont plus de 3000 en Bretagne.

« Les éleveurs vont-ils devoir à nouveau, et au sens propre, payer les pots cassés ? Les éleveurs bretons ne seront pas en mesure de supporter un nouvel épisode dramatique, ni une nouvelle faillite industrielle », commente la Confédération paysanne. « Racheter quelque chose qui ne marche pas, c’est bizarre. On ne comprend pas », souligne pour sa part Françoise Le Sabazec, 42 ans, qui dirige une ferme de 50 vaches à Saint-Gelven (22).

« Plusieurs éleveurs ont réalisé des investissements importants de modernisation en lien avec « l’Eldorado chinois » de Carhaix, observe Jules Hermelin, doctorant en anthropologie à la Confédération paysanne. Pour eux, c’est un coup dur, d’autant que si c’est Sodiaal qui reprend l’usine, les prix risquent de rester très bas pour absorber les coûts de cette reprise ».

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Repères

Les principaux investissements chinois en France

►Les investissements directs chinois en France entre 2000 et 2016 ont représenté un total de 11,5 milliards d’euros.

Le secteur du tourisme est le plus attractif en France avec plus de 3 milliards d’euros d’investissement chinois dans l’immobilier et l’hôtellerie : 1 milliard pour le rachat de Club Med par Fosun en 2014 ; 1,3 milliard pour l’acquisition du Louvre Hôtel par Jin Jiang en 2015 et 1 milliard pour une participation de 10 % de Jin Jiang dans AccordHotels en 2016.

Raphael Baldos (À Carhaix dans le Finistère)

11)UE-Mercosur, ce traité qui inquiète tant les agriculteurs

Le 32e round de négociation entre l’Union européenne et quatre pays du marché commun sud-américain s’achève le 2 mars à Asuncion, au Paraguay.

L’enjeu : un accord de libre-échange jugé « catastrophique » par une partie du monde agricole.

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Lors d’une manifestation de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA), à Paris, contre les accords de libre-échange. / Vincent Isore/IP3

« Non à la grande braderie », « Malbouffe importée, pas question », « Le Mercosur ne passera pas ! » À coups de slogans, de communiqués et de manifestations, une partie du monde agricole se mobilise, depuis des semaines, contre le projet d’accord de libre-échange que négocie l’Union européenne avec les pays fondateurs du Mercosur – Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay.

Plus de 20 000 agriculteurs pour dire non à ce traité commercial

La semaine dernière, à l’appel de la FNSEA, le principal syndicat agricole, plus de 20 000 agriculteurs ont multiplié les actions dans 90 départements pour dire non à ce traité commercial. Un mot d’ordre scandé, toute cette semaine, au Salon international de l’agriculture.

Sur le stand du pavillon 1 du Parc des expositions, à Paris, où il présente ses plus beaux spécimens de blondes d’Aquitaine, Thierry Robin, 52 ans, « naisseur-engraisseur » près de Vannes (Morbihan), affiche une pancarte explicite : « Accord UE-Mercosur : consommateurs et éleveurs en danger ».

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« Depuis des années, l’Europe multiplie les contraintes sanitaires et environnementales, mais le prix des bêtes n’augmente pas. Et maintenant, on parle de déverser sur le marché des tonnes de viande produite à bas coût et sans respect des normes. Nous ne sommes pas pour la fermeture des frontières, mais pour une concurrence loyale. L’Europe est en train de sacrifier son agriculture », accuse-t-il.

Le signal d’alarme tiré dans tous les secteurs

Guy Hermouet, président d’Interbev bovins, l’interprofession de la filière, a fait ses comptes. « Il entre actuellement 250 000 tonnes de viande d’Amérique du Sud par an en Europe. Les négociations avec le Mercosur pourraient y ajouter 100 000 tonnes. Soit, au total, près de 50 % de la production européenne. Comment résister à cette déferlante ? », s’inquiète-t-il.

L’Institut de l’élevage a chiffré l’impact pour la France : 25 000 exploitations promises à la faillite, 50 000 emplois perdus et une baisse générale de 30 % du revenu des éleveurs. Sans parler des autres filières sur la sellette – la volaille, les céréales, le sucre et l’éthanol – qui tirent, elles aussi, le signal d’alarme.

« Le Brésil, premier producteur mondial de sucre, exporte déjà 700 000 tonnes en Europe, à des prix défiant toute concurrence car la culture de la canne se fait sur d’immenses surfaces qui permettent des économies d’échelle. De plus, le secteur bénéficie d’aides indirectes de l’État via un programme éthanol qui lui garantit des débouchés », explique Bruno Hot, président des syndicats de fabricants de sucre (SNFS) et de bioéthanol (SNPAA).

Une seule voix pour les trois principaux syndicats agricoles français

« Or, que propose la Commission européenne ?, s’alarme-t-il. D’augmenter encore les importations de sucre de 100 000 tonnes sans relèvement des droits de douane et d’ouvrir grand le robinet à éthanol à 7 millions d’hectolitres, soit 12 % de la production européenne, soumis à tarifs douaniers réduits. »

 

Pour l’Union européenne, libre-échange rime avec emplois et croissance

 

Avec, là encore, des conséquences potentiellement redoutables pour la filière si le scénario se confirme. « Alors que la profession vient de se restructurer pour faire face à la fin des quotas sucriers, Bruxelles brandit au-dessus de nos têtes une nouvelle épée de Damoclès. C’est pour cela que la colère gronde », souligne Bruno Hot.

Une colère relayée d’une seule voix, une fois n’est pas coutume, par les trois principaux syndicats agricoles français – la FNSEA, la Confédération paysanne et la Coordination rurale – appuyés par quelques homologues européens, dont le DBV, le puisant syndicat allemand.

L’agriculture, la grande sacrifiée par Bruxelles

« Après avoir demandé aux agriculteurs, lors des états généraux de l’alimentation, de monter en gamme, de faire de la qualité, le gouvernement s’apprête à laisser entrer en masse des produits à bas prix et de mauvaise qualité. Avec ce traité, on sacrifie des pans entiers de l’agriculture et on trompe les consommateurs », accuse Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA.

« Une fois de plus la Communauté européenne est prête à piétiner la souveraineté alimentaire. Et dans quel but ? Exporter davantage de voitures ! », renchérit Bernard Lannes, président de la Coordination rurale.

L’agriculture serait-elle la grande sacrifiée des accords commerciaux promus par l’Union européenne ? À Bruxelles, on s’en défend. « Je peux assurer aux agriculteurs qu’il y aura un résultat équilibré à l’accord avec le Mercosur », a promis Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture. Ses services insistent sur l’aspect « gagnant-gagnant » d’un tel accord, soulignant que l’abaissement des tarifs douaniers négociés pour l’automobile, les machines-outils, la chimie, la parapharmacie ou le textile vont ouvrir un peu plus ce marché de 260 millions de consommateurs aux entreprises européennes, gage de croissance et d’emplois en Europe.

Emmanuel Macron sous pression

« L’accord avec le Mercosur sera également bénéfique au secteur agroalimentaire, pour les produits laitiers, les vins et spiritueux, les fruits et légumes », affirme le dossier présenté sur le site de la Commission. Celui-ci précise que pour les secteurs dits « sensibles » – comme le bœuf, le poulet ou le sucre –, des mécanismes de tarifs par contingents pourraient être mis en place afin de limiter l’accès au marché européen. Et qu’en tout état de cause, les normes sanitaires européennes s’imposeront à tout produit importé.

« Il n’y aura jamais de bœuf aux hormones en France ! Il ne faut pas jouer avec les peurs des gens », a renchéri un président Macron visiblement sous pression lors de sa visite inaugurale au Salon de l’agriculture, samedi 24 février. Pour rassurer un monde agricole en ébullition, le chef de l’État s’est engagé à faire respecter des « lignes rouges ». « Pas d’abaissement de nos standards, des contingents sur certains produits et des clauses de sauvegarde en cas de déstabilisation du marché, sinon nous ne signerons pas », a-t-il promis, en résumé, lors de sa rencontre à l’Élysée avec 700 jeunes agriculteurs, jeudi 22 février. Mais cela suffira-t-il à calmer les craintes ?

 

Emmanuel Macron peine à rassurer le monde agricole

 

Deux modèles agricoles en Europe

« Au fond, deux modèles agricoles s’affrontent en Europe. D’un côté, les libéraux qui défendent un marché ouvert, dans lequel chaque pays doit se spécialiser et concentrer la production au nom de la compétitivité. De l’autre, ceux qui commencent à comprendre qu’il faut des régulations, que l’agriculture n’est pas un secteur comme un autre parce qu’il touche à la santé humaine et au bien commun qu’est l’environnement. À ce titre, elle ne peut pas être considérée comme une simple variable d’ajustement de notre politique commerciale », plaide l’eurodéputé Éric Andrieu.

Lequel des deux modèles l’emportera ? Début de réponse le 2 mars, à Asuncion, au Paraguay, au coup de cloche du 32e round d’une négociation entamée en 1999.

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Les chiffres clés du Mercosur

Les quatre pays fondateurs du Mercosur – Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay – représentent un marché de 260 millions de consommateurs.

La région est la 7e économie mondiale avec un PIB annuel de 2 200 milliards d’euros et le 6e plus important marché de la planète.

En 2016, l’Europe a vendu pour 42 milliards d’euros de biens et 22 milliards de services au Mercosur.

Le Mercosur reste un marché encore largement fermé, appliquant des tarifs douaniers élevés : 35 % pour l’automobile, l’habillement ou les spiritueux, 28 % pour les produits laitiers, 20 % sur les vins.

Antoine d’Abbundo
 

10)Emmanuel Macron s’engage sur l’avenir du monde agricole

Emmanuel Macron a prononcé jeudi 22 février un discours sur l’avenir du monde agricole, à deux jours du Salon de l’agriculture.

Des centaines d’agriculteurs étaient réunis jeudi 22 février à la mi-journée à l’Élysée, où Emmanuel Macron a prononcé un discours sur l’avenir du monde agricole deux jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture.

« Je ne suis pas là pour plaire, je suis là pour faire », a lancé Emmanuel Macron après avoir insisté sur plusieurs points.

► Préservations des terres agricoles

« Nous mettrons très clairement des verrous réglementaires et travaillerons pour mettre fin à ce qui s’est passé », a dit le président de la République devant plusieurs centaines de jeunes agriculteurs conviés à l’Élysée, en faisant référence à l’acquisition récente par un investisseur chinois de 1 700 hectares de terres à blé dans l’Indre et de 900 hectares dans l’Allier, qui ont suscité beaucoup d’émotion en France. « Les terres agricoles en France sont des investissements stratégiques. On ne peut pas laisser des puissances étrangères acheter des centaines et des centaines de terres agricoles. »

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► Préretraites agricoles

Le président a également proposé un système de préretraite pour assurer le passage de témoin pour les agriculteurs qui veulent passer le flambeau. « Pour le mois de mai nous devons imaginer des systèmes de préretraite agricole avec une sortie progressive de l’activité », a assuré Emmanuel Macron.

 

Quel avenir pour l’agriculture ?

 

► Plan d’investissement de 5 milliards

Le président a également promis un grand plan d’investissement agricole de 5 milliards d’euros pour accompagner la transformation des structures d’élevage et d’abattage. « Le système actuel n’accompagne pas assez la prise de risque. Il y a un vrai problème de retard d’investissement. Je souhaite qu’on investisse dans la modernisation des structures d’élevage et l’abattage. Notamment pour répondre à l’objectif de 50 % de produits bios dans les restaurations collectives. »

Emmanuel Macron a également annoncé un nouveau dispositif de 1 milliard de prêts garantis pour les jeunes agriculteurs. L’objectif étant de baisser les garanties personnelles demandées aux jeunes lorsqu’ils demandent un prêt aux banques pour se lancer.

Enfin, le président a proposé « un fonds de prêts à la méthanisation à hauteur de 100 millions », un plan de réforme des règles de développement des méthaniseurs. Dès la mise en œuvre de ce plan à l’automne. La filière agroalimentaire a un besoin global d’investissements.

Patxi Berhouet

 

9)Plusieurs alternatives pour remplacer le glyphosate

S’il existe bien des alternatives à l’usage du glyphosate, elles ne sont pas aussi simples d’emploi, et seraient plus consommatrices de temps et d’énergie et plus chères que l’emploi du glyphosate.

 

S’affranchir de l’agrochimie signifie recourir à des méthodes mécaniques, agronomiques. / Alexander Jevon/khaligo - stock.adobe.com

Y a-t-il une alternative phytosanitaire au glyphosate ?

Le glyphosate, molécule organophosphorée, principe actif du Roundup, est un herbicide total, efficace, facile d’utilisation et peu cher. Il a progressivement remplacé tous les autres produits utilisés contre les mauvaises herbes des champs de grandes cultures (céréales, oléagineux), des jardins de particuliers et des voies ferrées.

« À ce jour, il n’existe pas de produit aussi efficace contre les mauvaises herbes, sans impact sur l’environnement, car le glyphosate est une molécule qui a un mode d’action très particulier (elle bloque l’activité d’une enzyme, NDLR) », rappelle Christian Huyghe, directeur scientifique à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Il faut donc envisager des transformations qui sont un peu plus en rupture ».

« Le plus proche serait le glufosinate d’ammonium », poursuit l’agronome. Mais l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient justement d’interdire la commercialisation d’un pesticide appelé Basta F1 (Bayer) dont le principe actif est du glufosinate d’ammonium.

Combien de temps faudrait-il pour trouver une nouvelle molécule chimique ?

« Il faut 10 ans pour mettre au point un produit phytosanitaire (ou phytopharmaceutique), de la conception jusqu’à l’autorisation de mise sur le marché, selon Eugenia Pommaret, directrice de l’Union des industries de protection, pour qui, elle aussi, « il n’existe pas d’alternative chimique aussi efficace que le glyphosate ».

Toutefois, les industriels de la chimie ont déjà fait ce genre de réponse au moment de l’interdiction du bisphénol A (substance tapissant les biberons) ou, encore plus récemment, à propos du fipronil (acaricide employé pour nettoyer les poulaillers). Et, quelques mois plus tard, ont été agréés des substituts…

Y a-t-il d’autres choix ?

S’affranchir de l’agrochimie signifie recourir à des méthodes mécaniques, agronomiques (en associant différentes plantes qui vont étouffer la pousse de mauvaises herbes, en changeant de culture sur une même parcelle chaque année), ou des techniques dites de bio contrôle (lutte biologique au moyen de microorganismes ou d’insectes mangeurs de parasites ou de mauvaises herbes, pièges à phéromones, préparations naturelles du type purin d’orties). Le bio contrôle a fait ses preuves en viticulture et en fruits et légumes sous serre (tomates, fraises, concombres). Enfin, on peut combiner plusieurs de ces méthodes.

« Pour enlever mécaniquement les mauvaises herbes ou adventices comme le chiendent ou le chardon, on peut travailler le sol d’au moins deux façons, indique Delphine Bouttet, ingénieure à Arvalis, un institut technique spécialisé dans les grandes cultures végétales et financé par les agriculteurs. Par un labour profond, avec une charrue, jusqu’à 20-30 cm de profondeur, ou bien « sans labour », par un travail superficiel (jusqu’à 5 cm de profondeur), au moyen d’une herse-étrille. Ces deux méthodes ont des avantages et des inconvénients. La première perturbe la microfaune (bactéries, vers de terre, carabes, des insectes qui mangent les graines des mauvaises herbes) et la macrofaune (vers de terre, insectes, arachnides), tandis que la seconde, si elle protège vers de terre et insectes, elle favorise également les ravageurs comme les limaces et les campagnols. Il n’existe pas qu’une seule solution, il faut raisonner en fonction du type de sol et des conditions agro-climatiques », explique l’ingénieure agronome. Des recherches sont en cours pour mettre au point un binage mécanique à l’aide d’une caméra capable de reconnaître les mauvaises herbes.

 

Combien cela coûte ?

« L’abandon de tout pesticide, au-delà du seul glyphosate, aboutirait à une hausse de 15 % du prix des aliments pour le consommateur », indique Harold Levrel, agroéconomiste de l’environnement et professeur à AgroParisTech. Sans intégrer les coûts sociaux et environnementaux de l’utilisation des pesticides comme la pollution de l’eau, la mortalité des animaux et la toxicité chronique (cancers) pour l’homme, essentiellement les agriculteurs. Au final, la différence de coût serait à peu près nulle.

Pour la FNSEA au contraire, il faut compter un surcroît de travail, un surcoût de carburants (dus à l’augmentation du nombre de passage du tracteur). Soit au total près de deux milliards d’euros (900 millions pour les céréaliculteurs et un milliard pour les viticulteurs). Et un doute sur le maintien du rendement.

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8)Les états généraux de l’alimentation entrent dans le vif du sujet

Les ateliers des États généraux de l’alimentation ont été présentés le 28 août par le ministère de l’agriculture.

Deux chantiers se succéderont jusqu’à fin novembre. Le premier est consacré à « la création et la répartition de la valeur ».

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Ces états généraux sont un rendez-vous important pour toute la filière agroalimentaire. / Erwin Wodicka/Gina Sanders/stock.adobe.com

Alors que l’affaire des œufs contaminés au fipronil est encore bien présente dans les esprits, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a présenté, lundi 28 août, les premiers ateliers des États généraux de l’alimentation.

Lancés le 20 juillet par le premier ministre, ces États généraux sont un rendez-vous important pour toute la filière agroalimentaire. Les enjeux sont de taille : « permettre aux agriculteurs, quel que soit leur modèle de production, de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, et assurer la pleine prise en compte par l’agriculture des enjeux sociaux, sanitaires et environnementaux », a expliqué Stéphane Travers.

Créer et répartir la valeur

Quatorze ateliers se tiendront pendant trois mois et réuniront des producteurs, des industriels, des consommateurs, des élus, des partenaires sociaux, des ONG, des associations ou encore des banques et des assurances.

En parallèle, les citoyens sont encouragés à soumettre des propositions et à voter sur le site des états généraux

Les ateliers s’articuleront autour de deux chantiers. Sept ateliers évoqueront d’abord, de fin août à fin septembre, « la création et la répartition de la valeur ». Ils consisteront à étudier les solutions permettant de rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs. Il s’agira aussi d’améliorer les relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs.

Ajuster la loi de modernisation de l’économie

Dans un entretien accordé au Figaro le 28 août, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a d’ailleurs expliqué qu’il n’excluait pas « d’ajuster » la loi de modernisation de l’économie (LME) dans le but de déterminer un prix juste pour les produits des agriculteurs.

Cette loi qui date de 2008 régit les négociations commerciales entre les distributeurs et les industriels. Selon les syndicats agricoles, elle a accentué les déséquilibres entre la grande distribution et les industriels.

Les pistes de l’économie sociale et solidaire

D’autres ateliers exploreront la piste de la bio-économie et de l’économie solidaire, les initiatives locales ou encore la question de l’export et du rayonnement international du modèle alimentaire français.

À l’issue de ce premier chantier, Emmanuel Macron présentera les mesures retenues par le gouvernement sur ces questions.

Alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous

Ensuite, de début octobre à fin novembre, le second chantier s’ouvrira autour du thème « une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ». Six autres chantiers aborderont donc la question de la sécurité sanitaire de l’alimentation française, de la lutte contre le gaspillage alimentaire, ou encore de la transition écologique et solidaire de l’agriculture via la promotion d’une agriculture durable.

Préparer l’avenir

Un dernier atelier transversal explorera les façons de préparer l’avenir : les investissements, l’accompagnement technique et la recherche pour parvenir à une plus grande performance sanitaire, sociale, et économique.

Le ministère de l’agriculture pilote les états généraux en partenariat avec dix autres ministères dont le ministère de la Transition écologique et solidaire, le ministère de la santé et le ministère de l’économie et des finances.

La présentation des conclusions devrait se tenir mi-décembre. À l’issue de ces états généraux, le gouvernement a promis un plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur cinq ans pour accompagner les réformes.

 

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7)Vote des agriculteurs. Le désamour européen

La campagne s’invite à la campagne. Au salon de l’Agriculture, presque tous les candidats à la présidentielle vont défiler et même si Mélenchon a décidé d’aller planter ses choux ailleurs, la classe politique viendra en rangs encore plus serrés que d’ordinaire. Normal. Ce salon est un événement unique par sa taille où le monde politique vient creuser son sillon à l’approche de la mère des élections. Mais au fil des ans, c’est également devenu un univers hostile aux grandes formations politiques, bien loin de l’époque où Jacques Chirac entrait au salon comme César jadis à Rome. En faisant le V de la victoire.

Aujourd’hui c’est plutôt vers le Front national que le vote des agriculteurs s’est détourné, du moins si on en croit les sondages indiquant que 35 % d’entre eux sont prêts à voter pour le FN, soit environ 10 points de plus que les autres catégories sociales. En Bretagne, il est probable que la proportion est un peu moindre mais souvenons-nous qu’aux dernières européennes, le parti de Marine Le Pen serait arrivé en tête en Bretagne s’il n’y avait pas eu la liste protestataire de Christian Troadec, le maire de Carhaix, pour freiner l’expansion spectaculaire du FN dont l’audience fut longtemps confidentielle dans la région de naissance de Jean-Marie Le Pen.

La raison, il faut probablement aller la chercher du côté de Bruxelles, bien plus que dans les autres ressorts qui valent à sa fille héritière cette place en virtuelle tête de file de la présidentielle. Pendant longtemps, l’Europe a été bienveillante pour la filière agricole française et la Bretagne, malgré ses éruptions frondeuses, savait ce qu’elle devait au soutien européen. Et pas seulement en agriculture. Bien d’autres secteurs ou grands projets n’auraient pu se réaliser, entre autres Océanopolis à Brest. Le vote en Bretagne était à l’époque très pro-européen, en tête de toutes les régions françaises.

Mais avec l’élargissement progressif, à partir des années 90, les priorités ont changé. Le centre de l’Europe s’est déplacé vers l’Est et les chouchous de Bruxelles ne poussaient plus sous les mêmes latitudes. Avec à la clef, une sorte de mécanique infernale : le massif soutien financier aux nouveaux venus, devenant par là même de nouveaux concurrents, puis l’institution du régime des travailleurs détachés des pays de l’Est, payés 2 ou 3 euros de l’heure. Y compris en Allemagne où n’existait encore aucun salaire minimum. Dans l’agriculture comme dans l’agroalimentaire, le rouleau compresseur allemand, bénéficiant de ce doping-dumping autorisé, a taillé des croupières à ses homologues français en les évinçant de multiples marchés.

En moins de deux décennies, l’Europe bienveillante est devenue la sorcière aux dents vertes pour le monde agricole et agroalimentaire français qui a pris la déferlante de plein fouet. Etonnez vous après cela que les discours très anti-européens de Marine Le Men rencontrent autant d’échos dans les campagnes. Elle n’a plus qu’à ramasser. Les autres candidats auront beau se multiplier au salon de l’Agriculture, ils sont comme ces dirigeants européens qui prétendent mettre des batons dans les roues de Marine Le Pen après lui avoir servi le vote agricole sur un plateau

 

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Production agricole. La Bretagne reste dans la course

Publié le 24 février 2017 à 10h15

 

PHOTO FRANCOIS DESTOC / LE TELEGRAMME

Avec le nouveau découpage territorial, la Bretagne a perdu son statut de championne de la production agricole. Mais elle conserve son premier rang pour l'élevage et l'agroalimentaire.

La réforme territoriale a relégué la Bretagne à la 4e place, en terme de valeur ajoutée brute de ses productions agricoles. La Nouvelle Aquitaine (et ses treize départements, son cognac et ses vins de Bordeaux) se hisse désormais en tête du podium, devant le Grand Est (et son Champagne) et les Pays de la Loire. « Mais on n'est pas ridicule. On reste dans la course. La Bretagne reste fière de produire beaucoup de produits sains qui ont un marché, qui se vendent, même s'ils ne sont pas dans le haut de gamme », note Philippe de Guénin. Le directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) présentait hier à Rennes la 49e édition des tableaux annuels de l'agriculture bretonne pour l'année 2015

 




Des chiffres qui ne sont donc pas de première fraîcheur mais qui donnent néanmoins des tendances. On peut constater que malgré la réforme des régions, la Bretagne reste malgré tout numéro 1 des productions animales. En 2015, on produit encore en terre armoricaine 44 % des oeufs français, 56 % du porc, 22 % du volume de lait, 40 % des aliments pour animaux. Côté productions végétales, la région produit 82 % des choux fleurs, 80 % des artichauts, 80 % des échalotes, 56 % des épinards, 29 % des tomates...

 

 

La restructuration marque le pas

Autre constat, la Bretagne a perdu 6 % de ses exploitations entre 2010 et 2013 mais sa restructuration est moins rapide que les autres régions françaises. En 2015, On comptait 32.300 fermes pour 51.000 chefs d'exploitations. Avec 51 hectares en moyenne, l'exploitation bretonne reste moins étendue que son homologue française. « Entre 2010 et 2012, on perdait proportionnellement plus d'exploitations que le reste de la France mais la tendance s'est inversée et on revient à la logique du modèle breton qui est de garder un maximum d'exploitations sur le territoire, fussent-elles petites. Cela démontre qu'en dépit des crises, on arrive à développer de façon suffisamment rentable une production laitière et hors sol en Bretagne », commente Philippe de Guénin.

Davantage de lait en Bretagne

Les chiffres montrent que la Bretagne n'a pas géré la sortie des quotas laitiers comme le reste de la France. Misant sur la croissance du marché, elle a augmenté son effectif de vaches laitières alors que celui-ci diminuait partout ailleurs. « On est en train de récuperer en Bretagne la production laitière que les autres régions abandonnent ». Philippe de Guénin voit deux raisons à cette relance de la production laitière, longtemps bridée par les quotas : l'élevage breton jouit d'avantages compétitifs liés à sa spécialisation et à son environnement industriel ; de plus, il bénéficie d'un climat très favorable à la pousse de l'herbe.


© Le Télégramme
 

 

 

5)DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT DES EVEQUES DE FRANCE
 

FACE À LA CRISE AGRICOLE : OSER REGARDER AUTREMENT ET S’INTERROGER ENSEMBLE Voici un an, au nom de tous les évêques de France, quinze d’entre eux s’étaient rendus au salon international de l’agriculture pour y partager les inquiétudes du monde agricole, en particulier des éleveurs.
Le salon international de l’agriculture est une occasion offerte à tous de mieux connaître les réalités du monde agricole mais aussi les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs dans notre pays. C’est pourquoi, cette année encore, nous voulons exprimer notre attention, notre proximité et notre soutien aux agriculteurs en difficulté.

La crise agricole est toujours là, profonde, complexe et multiforme. Dans la grande diversité des réalités du monde agricole, la crise n’atteint pas chacun de la même manière mais personne ne peut se résigner à un avenir incertain pour l’agriculture et ce qu’elle représente. Le verbe « cultiver », disait le pape François, « remet à l’esprit le soin que l’agriculteur a pour sa terre pour qu’elle donne du fruit et qu’il soit partagé : combien d’attention, combien de patience, combien de dévouement dans tout cela ! »1.

Ne pas rester sourd au désespoir des agriculteurs

Qui peut rester sourd au désespoir de nombreux agriculteurs qui ne nourrissent plus l’espoir de vivre de leur travail ? On ne peut rester indifférent devant les dérives d’une économie qui ne met pas l’homme au centre de ses choix. Les profondes inquiétudes exprimées par les agriculteurs sont aussi l’écho du désarroi de notre société face à la complexité des questions qui se posent. La dimension internationale de ces questions renforce le sentiment d’impuissance (les dérégulations multiples du marché mondial contribuent à fragiliser des producteurs dans pratiquement tous les pays).

Nous voyons bien que la vocation d’agriculteur se heurte à bien des obstacles. Mais les questions et les défis qui pèsent sur les agriculteurs sont aussi les nôtreset nous interrogent tous plus profondément : quelle société voulons-nous ? Si les problèmes des agriculteurs ont leurs particularités, ils ne concernent pas seulement leur seule catégorie sociale : nous sommes tous concernés et il est urgent de nous interroger sur nos manières de consommer et de vivre.

Regarder autrement et réfléchir ensemble

Nous n’avons pas de réponse toute faite pour résoudre une telle crise. Mais nous voulons oser regarder autrement et réfléchir ensemble : comment encourager et soutenir les idées, les voies nouvelles, les initiatives qui existent dans nos territoires et qui vont dans le sens de l’innovation, de la qualité du produit et de sa production avec des circuits plus ou moins courts de transformation et de commercialisation ?

Des organisations multiples existent dans le monde agricole et se donnent comme exigence d’accompagner les changements, les mutations en cours, d’aider à mieux les comprendre pour mieux les affronter. Elles abordent des questions majeures pour l’avenir de nos sociétés : la gestion du « vivant », la sécurité alimentaire, la santé, l’environnement…. Nous sommes convaincus que nous devons progresser dans une meilleure connaissance des acteurs qui œuvrent dans ces domaines encore trop méconnus. Le défi à relever est certainement de ce côté-là.

C’est aussi la mission de l’Eglise de participer à ce travail de mise en lien des personnes, de création d’espaces de rencontre, de recherche, de dialogue, de débat, d’entraide, pour progresser dans la qualité de la production, du vivre ensemble, de la vie tout simplement ; en un mot, participer, dans la mesure de nos forces, à donner une âme.
Tout en demeurant important, le nombre d’agriculteurs diminue et leur existence devient de plus en plus précaire. Comme beaucoup de nos concitoyens, nous pensons qu’il est urgent de réfléchir à frais nouveaux sur la place, le témoignage et la vocation de l’agriculteur dans la vie locale.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF)
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

4)Le revenu des agriculteurs plonge en 2016

La baisse de la production, notamment la mauvaise récolte de céréales, et la diminution des prix conduit à une chute de 10 % du revenu des agriculteurs

 

Une ferme dans la commune de Trébons sur la Grasse dans le sud de la France.

Comment évoluent la production et les prix ?

L’année 2016 n’a pas souri aux agriculteurs. Selon les chiffres publiés par l’Insee, la valeur de leurs productions dégringole sous le double effet d’une baisse du volume et d’un recul des prix. Au total, la valeur globale de l’ensemble des produits de l’agriculture atteint 69,2 milliards d’euros cette année, en diminution de près de 7 % (6,9 %) par rapport à 2015.

C’est le secteur des productions végétales qui enregistre le plus gros recul. Si les prix augmentent en moyenne très légèrement (0,9 %), les volumes s’écroulent de près de 10 %. La chute est également forte mais tout de même plus limitée pour les productions animales où se cumulent la baisse des volumes et celles de prix.

 

Pourquoi certaines filières sont plus touchées ?

Dans ce sombre tableau, certains secteurs s’avèrent particulièrement frappés. C’est notamment le cas des céréales dont la récolte a chuté de près d’un quart (24 %) pour cause d’intempéries printanières et de sécheresse estivale. Les cours ayant également faibli, la chute en valeur dépasse même les 30 %.

Le vin a également connu un millésime 2016 assez aigre, avec une production en recul de 9 % compensé pour un tiers seulement par la hausse des prix. Du côté de l’élevage, la crise perdure pour les éleveurs laitiers, conjuguant baisse des cours et des volumes pour aboutir à une perte de 10 %.

À l’inverse, certains secteurs connaissent une évolution plus favorable. C’est particulièrement le cas pour la betterave, dopé par la hausse des cours du sucre, et dont le prix a grimpé de plus de 13 %. Les fruits et légumes connaissent également une bonne année, avec un petit recul des volumes mais une très forte hausse des prix (+ 9,4 %).

Quel effet sur les agriculteurs ?

Si la valeur des productions agricoles a fortement baissé en 2016, ce décrochage a toutefois été un peu tempéré par la baisse des charges des agriculteurs. La facture des « intrants » s’est ainsi allégée de 2,3 % en 2016. Un recul qui doit beaucoup à la baisse d’achats d’aliments pour le bétail, de pesticides et au faible prix du gazole.

À l’inverse, le coût des dépenses vétérinaires et des herbicides à plutôt augmenté. Autre élément clé de l’économie agricole, les subventions (qui représentent 8,3 milliards d’euros) ont également fléchi de 3,1 % en 2016.

Une fois tous ces éléments pris en compte, le revenu global agricole affiche une diminution de 11,6 %. Cette baisse fait plus qu’effacer la hausse de l’année précédente où le revenu avait crû de 3,8 %.

Se basant sur un autre indicateur de l’Insee, le « résultat de la branche agricole par actif non salarié », les Chambres d’agricultures assurent que la chute des revenus dépasse même 26 % « confirmant la gravité de la crise que connaissent les agriculteurs depuis deux ans ».

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3)Crise agricole. Un agriculteur sur trois touche moins de 354 euros par mois

La MSA alerte sur la situation des agriculteurs. La profession est frappée par plusieurs crise et 30% des exploitants agricoles toucheraient seulement 354 euros par mois.

 

Plus de 130 000 agriculteurs déclarent moins de 4 00 euros de revenus professionnels annuels. (Illustration © Fotolia Dusan Kostic)

Quand le travail d’une vie ne suffit pas à récolter un salaire mensuel décent. Une étude réalisée par la Mutualité sociale agricole (MSA) présente les chiffres alarmants des revenus des exploitants agricoles, en France. Dans un contexte marqué par les crises sanitaires, du marché de la viande ou du lait, mais aussi des catastrophes climatiques, un agriculteur sur trois toucherait un salaire inférieur au Revenu de solidarité active (RSA). Une dégradation de la profession qui inquiète.

354 euros de revenus mensuels

En portant son regard sur les revenus des exploitants agricoles, la MSA relève les indices marquants d’une crise qui a des conséquences sur le monde agricole, depuis ces dernières années.

Des conséquences principalement économiques. Ainsi, la MSA relève que 30% des agriculteurs (soit 131 450 exploitants) « déclarent des revenus professionnels inférieurs à 4 258 euros pour l’année 2015, soit 354 euros de revenus mensuels ».

Des chiffres alarmants, si une comparaison est faite avec le montant mensuel du RSA, qui atteint 461,72 euros. Une situation qui met également en difficulté le marché de l’emploi, avec des contrats de travail « en recul de 1,6% » à la fin du 3e trimestre 2015. « Le régime agricole n’avait pas connu un tel niveau de baisse depuis le 3e trimestre 2010. »

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2)Crise Laitière, La Guerre Des Prix Est Relancée

 
(La Croix)   AOUT 2016

Une Manifestation Prévue Lundi 22 Août Devant Le Siège De Lactalis, À Laval, Illustre Les Tensions Entre Éleveurs Laitiers Et Industriels.

Les Acteurs De La Filière Ont Rendez-Vous Début Septembre Pour Imaginer Un Plan De Sortie De Crise.

 

Un Agriculteur Participe À Une Opération Étiquetage, Dans Un Supermarché Du Mans, Pour Dénoncer Les Pratiques Du Groupe Lactalis. / Jean-François Monier/AFP

Rien Ne Va Plus Dans La « Ferme France ». Après Le Cri D’alarme Des Céréaliers Confrontés À Une Récolte Désastreuse, C’est Au Tour Des Éleveurs Laitiers De Sonner Le Tocsin. Le Blocage Des Routes L’été 2015 N’ayant Rien Changé, Ils Repartent En Guerre Contre Des Prix Jugés Trop Bas Et Concentrent Leur Colère Sur Le Géant Mondial Lactalis, Premier Collecteur De Lait En France, Connu Pour Ses Marques Président, Lactel Ou Bridel.

Les Producteurs De L’Ouest – Bretagne, Normandie Et Pays De La Loire – Accusent Notamment Le Groupe D’être « Le Plus Mauvais Payeur De Tous » Et Ont Décidé Une Opération « Coup De Poing » Qui Doit Démarrer Lundi 22 Août Devant Le Siège De Laval, Berceau De L’entreprise Familiale Fondée En 1933 Par La Famille Besnier.

« Une Démonstration Qui Durera Jusqu’à Ce Que Lactalis Remonte Ses Prix, Prévient Philippe Jehan, Président De La FDSEA De Mayenne. Ce Poids Lourd Du Secteur Propose À Ses Fournisseurs 256 € Les 1 000 Litres, Soit Entre 10 Et 30 € De Moins Que Ses Concurrents, Danone, Agrial Ou Les Maîtres Laitiers Du Cotentin. À Ce Prix, C’est La Ruine Assurée. »

« Beaucoup Sont Au Bout Du Rouleau »

Le Syndicaliste Sait De Quoi Il Parle. Cet Agriculteur De 45 Ans, Installé Avec Deux Associés À Châtillon-Sur-Colmont, Dans Le Nord-Ouest Du Département, Gère Une Exploitation De 160 Hectares Et 100 Vaches Qui Produisent 900 000 Litres De Lait À L’année.

« Même En Vendant À 30 Centimes Le Litre, Je Ne Couvre Pas Mes Charges. En 2016, La Perte Nette Devrait Être De 63 000 €, Ce Qui Va Occasionner D’énormes Problèmes De Trésorerie », Explique-T-Il. Selon Philippe Jehan, 80 % Des Éleveurs Français Ne Parviendraient Même Plus À Tirer Un Revenu De Leur Exploitation. « Beaucoup Sont Au Bout Du Rouleau, Prêts À Mettre La Clé Sous La Porte, Alors Que De L’autre Côté De La Chaîne, Lactalis Réalise Une Progression De Bénéfices À Deux Chiffres Et Qu’il Suffirait D’un Geste Pour Redonner De L’espoir », S’emporte-T-Il.

Ce Bras De Fer Entre Producteurs Et Industriels Ne Date Pas D’hier. « Le Marché Du Lait Est Marqué Depuis 2014 Par Un Déséquilibre Qui Explique Largement Cette Situation », Décrypte Marion Cassagnou, De La Société De Conseil Agritel.

 

Le Prix Du Lait A Perdu Plus De 25 % En Deux Ans

La Fin Des Quotas Laitiers Au 1er Avril 2015 A Levé Le Frein Qui Empêchait, Depuis 31 Ans, Les Éleveurs Européens De Produire Autant Qu’ils Voulaient. Ceux De Pays Comme L’Irlande Et Les Pays-Bas Notamment Investissent Alors Massivement, Misant Sur Une Demande Mondiale En Hausse Pour Absorber Le Surplus, Le Marché De L’Union Européenne Étant Déjà Saturé. Le Problème Est Qu’au Même Moment Où L’Europe Accroît Sa Production, Elle Perd Coup Sur Coup Deux Importants Clients.

« D’abord La Chine Qui, À Partir De 2014, Réduit Brutalement Ses Achats De Lait En Poudre. Ensuite La Russie, Pays Grand Consommateur De Beurres Et De Fromages Européens, Qui Vient De Reconduire L’embargo Sur Ces Produits En Représailles Aux Sanctions Imposées Par Bruxelles À Moscou En Raison De Son Conflit Avec L’Ukraine », Souligne Marion Cassagnou.

Cet Excès D’offre Couplé À Une Baisse De La Demande Pèse Sur Les Cours Internationaux, Le Prix Du Lait Perdant Plus De 25 % En Deux Ans. En France, Cette Chute A Été Amortie Par Le Fait Que L’essentiel De La Production Est Destiné Au Marché Intérieur. Les Prix Proposés Par Contrat Par Les Laiteries Restent Légèrement Supérieurs À Ceux Pratiqués Dans Le Reste De L’Europe. En Allemagne, Par Exemple, Le Prix De Référence Du Litre De Lait Est De 23 Centimes, 4 De Moins Que Le Prix Le Plus Bas Dans L’Hexagone.

« La Marge Des Éleveurs Ne Cesse De Se Réduire »

« Mais Le Système De Fixation Des Prix Très Complexe En Vigueur En France Ne Protège Pas Totalement De La Volatilité Des Cours, Si Bien Que La Marge Des Éleveurs Ne Cesse De Se Réduire, Voire Devient Négative », Précise Marie-Thérèse Bonneau, Exploitante En Vendée Et Vice-Présidente De La Fédération Nationale Des Producteurs Laitiers. Aussi, Quand Le Géant Lactalis Abaisse Un Peu Plus Le Prix Payé, C’est Le Geste De Trop

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 JUILLET 2016

 

1)Crise laitière : les décisions sont insuffisantes

 

 

 

 

 

Vincent Chatellier / /

 

La crise laitière est le fruit d’une double contraction interne et externe du marché du lait. Tandis que l’embargo sur la Russie et la baisse de la demande chinoise réduisent les débouchés, la production européenne, elle, continue d’augmenter de 1 % par an. Cela aboutit à une crise de surproduction momentanée et les prix s’effondrent. En France, la collecte laitière a augmenté de 1 à 1,5 % en 2015, ce n’est pas insensé. La surproduction vient plutôt de deux pays qui ont fortement augmenté leur volume de lait : l’Irlande et les Pays-Bas. L’Union européenne a tardé à mettre en place des mesures pour contrôler l’offre mais désormais, elle débloque de l’argent pour aider les producteurs qui diminuent leurs volumes. L’esprit de ce ciblage est bon. Il prend en compte la réalité du marché du lait, en conditionnant l’accès aux aides à la réduction de la production.

 

Ceci étant dit, il faut pondérer la somme de 500 millions d’euros. Rapportée à la production européenne totale – 150 millions de tonnes de lait par an –, cela représente un soutien public de 3,3 € par tonne. Ce n’est pas grand-chose quand on sait que le prix de la tonne a baissé de 100 € depuis fin 2014 (il s’établit à 280 € la tonne actuellement, NDLR).

 

Sur les 500 millions, 150 seront distribués sous la forme d’aides individuelles aux agriculteurs. C’est important car cette enveloppe leur sera directement distribuée, et ne pourra donc pas être entravée par la stratégie des groupes industriels et des coopératives. Les 350 millions restants seront partagés entre les États, et la France en obtiendrait 50 millions, qu’elle devrait sur le papier répartir entre les 63 000 exploitations laitières du territoire. On peut toutefois penser que certaines choisiront de ne pas réduire leur production et ne pourront donc pas recevoir cette aide. Quoi qu’il en soit, l’aide ne devrait pas excéder 1 000 euros par exploitation.

 

La crise laitière n’est pas réglée pour autant. D’abord parce que l’objectif de réduction fixé par la Commission européenne (-1,4 million de tonnes) représente à peine 1 % du total européen. C’est donc un ajustement très minime qui est visé. Par ailleurs, ces mesures ne seront pas efficaces tant que les producteurs de certains pays – comme actuellement les Irlandais et les Néerlandais – continuent à augmenter leur production sans être sanctionnés, alors même que cela pénalise leurs voisins, notamment les producteurs Français qui font des efforts.

 

Je crois davantage aux contrats qu’aux aides publiques. En France, la production a été plus contenue qu’ailleurs car les industriels (Danone, Lactalis…) n’ont pas donné à leurs producteurs l’opportunité d’augmenter les volumes. Ils demandent un certain tonnage de lait dans leurs contrats, en fonction de la demande de produits finis, et n’en acceptent pas plus. Cela oblige les agriculteurs à s’aligner sur les besoins réels en lait. Malheureusement pour eux, cela ne les protège pas de l’effondrement général des prix

 

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Cette sous page traite les problémes du monde agricole 


2015

 

20 aout La crainte des éleveurs de porc s’est concrétisée. Mardi 18 août, au Marché du porc breton (MPB, appelé aussi "le cadran") de Plérin (Côtes-d’Armor), le cours de la viande est tombé à 1,389 centime d’euro le kg. Soit un peu plus d’un centime en dessous du prix qu’avait accepté la filière dans son ensemble en juin dernier.

 

 

Finistère. Un homme décède après deux piqures de frelon asiatique

 

 

 

 

 12 AOUT La Cooperl annonce ce mercredi matin qu'elle sera de nouveau absente jeudi de la séance de cotation du marché du porc à Plérin (Côtes-d'Armor), qui fixe le prix de référence national. Le premier industriel du porc en France poursuit le bras de fer qu'il a entamé lundi, par le refus surprise, avec Bigard-Socopa, d'acheter les bêtes aux éleveurs au prix revalorisé mi-juin sous l'égide du gouvernement. 

© Le Télégramme 

 

     10 AOUT N'OUBLIEZ PAS LE MARCHE BIO DE PENZE TOUS LES VENDREDI DE 16H A 21H

JUILLET 2015 Désormais, au port de Penzé, chaque vendredi jusqu'à fin septembre, de 16 h à 21 h, se déroulera un des seuls marchés bio ou naturels du Léon. En effet, sous la présidence d'Arnaud Derrien, l'association « Penzé, moi je rêve » a décidé de relever ce défi plutôt sympathique. Le choix sera vaste, puisque les chalands pourront craquer pour de la guimauve aux myrtilles sauvages des monts d'Arrée, fabriquée par un confiseur chocolatier, déguster la fleur de sel de Julien, coprésident, dont les installations sont à Noirmoutier. Maha, de Saint-Martin-des-Champs, quant à elle, fabriquera, devant les visiteurs, des pâtes fraîches et Thomas se fera un plaisir de leur faire déguster ses fromages de chèvres de Plounéour-Ménez. Puis on pourra croiser Marie, productrice maraîchère ; Guillaume, avec ses vins, ses cidres et ses bières bio ; Cécile et ses crêpes au lait frais bio, fabriquées à Plouénan, ou encore Pierre, éleveur de cochons noirs, à Scrignac. Un peu plus loin, l'odeur des huiles essentielles de Penzé attirera les amateurs. Seront présents également, des vendeurs de produits d'entretien bio. Et puis, chaque semaine, d'autres marchands rejoindront cette équipe de « Penzounours », comme les membres de l'association sont surnommés.

© Le Télégramme

 

 30 juillet  Quelques chiffres pour comprendre les problémes agricoles (Nicolas Baverez le Point )

En 2050 la population mondiale va exploser 9,5 milliards d'habitants

la demande alimentaire va exploser

notre agriculture est bien positionnée pour répondre à cette demande

SES POINTS FORTS:

-30 millions d'hectares de surface disponible

-d'importantes ressources en eau

-un climat tempéré

-desproduits d'excellence (vins   céréales)

-la réputation de la marque France

ET POURTANT

-ses parts du marché mondial sont passés de 8 à 5,4%

-elle représente seulement 1,4% du PIB 

-sur 490 000 exploitations 10% sont en faillite

-depuis 2005 le revenu agricole plafonne à 30 000 E

-l'endettement s'est envolé 250 000E par exploitation en  moyenne 

-350 000 E pour les éleveurs de porcs

Pendant ce temps l'allemagne a concentré ses exploitations passant de 472 000 à 285 000 et de38 Hade surface moyenne en 2000 à 59Ha;elle est devenue depuis 1997 le premier producteur de lait et de porcs.Une réussite fondée sur la compétitivité avec des prix d'un tiers inférieur aux notres.

 

Les exploitations françaises ont été dévastées par quatre fléaux

-inflation des normes

-explosion des taxes et des charges

-position floue sur les marchés mondiaux

-surendettement qui interdit les investissements

 

DES FILIÈRES EN CRISE 3 AOUT

 Les prix du lait  noyés par la surproduction 

Après une embellie en 2014, les prix sont repartis à la baisse depuis décembre, notamment à cause d’une demande chinoise réduite de moitié. Fin juillet, les producteurs ont obtenu une hausse limitée du prix d’achat d’une partie des produits laitiers.

► Bœuf : l’impossible hausse des prix 

Le 17 juin, les professionnels ont décidé d’une revalorisation du prix payé aux producteurs. Mais l’objectif – plus 5 centimes par kilo et par semaine – n’est toujours pas atteint, des abattoirs rechignant à jouer le jeu.

 Bras de fer sur le porc 

En juin, les industriels se sont engagés à payer 1,40 euro le kilo aux producteurs. L’accord tourne au bras de fer début août, deux acteurs majeurs jugeant le prix trop élevé pour faire face à la concurrence européenne.

 Céréales et sucre : l’abondance mondiale fait chuter les prix 

Sous l’abondance de l’offre, les prix dégringolent : la tonne de blé tendre a perdu plus de 40 € depuis début juillet. Idem pour le prix du sucre qui recule fortement.

 

 

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fin aout un moment  décisif (La Croix)

 

Plusieurs réunions de travail vont par ailleurs se dérouler le 27 août dont l’une consacrée aux promotions du mois de septembre afin de maintenir la consommation de viande porcine. L’autre concernera les relations commerciales entre les acteurs de la filière et l’évolution de la fixation des prix. Par ailleurs, les premières aides découlant du plan d’urgence d’aide à l’élevage décidé en juillet devraient commencer à être effectives le mois prochain.

 

Enfin, le ministre a reconnu que la valorisation de la viande française grâce à un étiquetage de l’origine était un débat complexe à mener au niveau européen. Plusieurs rendez-vous sont d’ailleurs prévus dans les semaines qui suivent avec ses homologues afin de préparer le conseil européen de l’agriculture du 7 septembre 2016. La FNSEA a d’ailleurs appelé à un grand rassemblement des éleveurs, toutes filières confondues, ce jour-là à Bruxelles, mais aussi le 3 à Paris. Reste à savoir si les éleveurs patienteront si les cours continuent à s’effriter.

 

 

 24/07/2015

Une  analyse de l’IFRAP sur la crise de l’élevage.

 

 

 

document fourni par notre collègue Ronan Kerrien

 

 

LES PROBLEMES DU MONDE AGRICOLE  (la croix 16/07/2015 )

 

MATHIEU PATTIER/SIPA

300 tracteurs étaient rassemblés devant la préfecture de Rennes, dans la nuit du 2 juillet. La bête noire des agriculteurs reste la grande distribution accusée de faire baisser les prix et de « vampiriser » les marges.

 

AVEC CET ARTICLE

Mais ces difficultés ne doivent pas masquer des faiblesses plus structurelles de l’agriculture.

 

Les éleveurs français vont mal. La crise qu’ils traversent n’est sans doute pas la plus dure qu’ils aient connu – l’année 2009 est encore dans toutes les mémoires. Mais dans le contexte actuel de concurrence accrue entre pays voisins, d’affaiblissement des outils européens de régulation et de grande volatilité des prix, les difficultés actuelles passent mal. « Il y a une forme de lassitude », souligne l’économiste de l’Inra Vincent Chatelier.

Comme à chaque crise, les agriculteurs s’en prennent d’abord à la grande distribution, accusée de faire baisser les prix et de « vampiriser » les marges. Le constat est juste. La part de l’alimentation dans le budget des ménages est tombée à 12,4 % en 2014 (dont 27 % pour la viande et 14 % aux produits laitiers), contre 15 % en 1990.

Mais cette situation ne doit pas masquer les faiblesses structurelles des filières d’élevage françaises. Explication pour les filières lait, porc et bovin-viande.

LA VIANDE BOVINE

>Les raisons de la crise

Voilà plus d’un an que les éleveurs de bovins-viande tirent la sonnette d’alarme. À l’appel de la Fédération national bovine (FNB), la branche spécialisée de la FNSEA, ils ont bloqué mi-juin plus de la moitié de la capacité d’abattage française. Leur revendication : obtenir une augmentation du prix payé aux producteurs, tant le niveau actuel (environ 315 € les 100 kilos) ne permet pas de couvrir les coûts de revient (estimé à 345 €). Une situation qui pousse Jean-Pierre Fleury, le président de la FNB à parler de « hold-up par l’aval de la filière bovine ».

> Lire aussi :Pourquoi les éleveurs bovins bloquent-ils les abattoirs  ?

Mais à ces problèmes, s’ajoutent d’autres difficultés, plus profondes : une consommation en baisse, en particulier au profit de la volaille, beaucoup moins chère ; des exploitations pas assez productives, avec des charges qui augmentent ; des aides déjà très élevées (elles représentent souvent 120 % à 150 % du revenu net des éleveurs) et donc qui ne peuvent plus être augmentées ; une filière mal organisé et assez faible, avec une seule entreprise industrielle de taille moyenne (Bigard). « Ce qui était déjà difficilement supportable en 2014 est devenu intolérable cette année avec la baisse des prix », souligne Vincent Chatelier.

> Les pistes de progrès

Mi-juin, producteurs, abattoirs et distributeurs se sont engagés, sous l’égide du ministère de l’Agriculture, à revaloriser les prix payés tout au long de la filière. Chacun devait accepter une augmentation de 5 centimes par kilo et par semaine, pour atteindre une hausse globale de 60 centimes.

Las, trois semaines après cet accord, les prix payés aux éleveurs par les abattoirs n’ont augmenté que de 2 centimes par kilo en moyenne tous produits confondus, selon les cotations de FranceAgriMer. Ce à quoi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, répond qu’il n’a « aucun moyen d’aller sanctionner une entreprise qui n’applique pas un accord » et qu’il « ne peut pas définir et imposer un prix ».

Pour retrouver de l’air à plus long terme, deux pistes se dégagent : mieux valoriser les viandes d’origine françaises – chantier engagé par le ministère ; et développer les exportations, alors que la balance commerciale ne cesse de se détériorer (+620 millions en 2014, moins bon résultat depuis 15 ans).

« On n’a pas été capable de valoriser notre viande, pourtant de très bonne qualité, souligne Vincent Chatelier. On exporte des veaux vivants au lieu de les engraisser et de les abattre ici. Or, ce sont ces étapes qui créent de la valeur. »

Stéphane Le Foll a annoncé récemment son intention de soutenir la création d’une plate-forme de vente de viande française à l’export, une structure qui pourrait prendre la forme d’un partenariat public-privé.

LES ÉLEVEURS PORCINS

> Les raisons de la crise

Les déboires des abattoirs Gad et AIM ont illustré ces derniers mois les profondes difficultés dans lesquelles est plongée la filière porcine. Très concentrée en Bretagne, elle fait face à un grave problème de compétitivité, notamment par rapport à ses concurrentes espagnole et allemande, dans un marché européen très ouvert.

> Lire aussi : La filière porcine s’enfonce dans la crise

Les difficultés remontent à 2008, avec l’envolée du coût de l’alimentation animale. Un épisode qui a mis en lumière d’autres difficultés, telle qu’une surproduction des capacités d’abattage, donc un outil industriel inadapté et vieillissant et des bâtiments d’élevage coûteux. Résultat, 300 élevages disparaissent en moyenne par an, sur un total de 5 000 à 6 000.

Dans ce contexte, la faiblesse des prix au marché au cadran de Plérin (Côtes-d’Armor) qui sert de référence ne peut que plonger les éleveurs dans les difficultés. Depuis le début de l’année, le prix moyen a tourné autour de 1,20 € le kilo, alors que les coûts de production sont estimés à 1,40 €.

> Les pistes de progrès

Comme pour l’élevage bovin, le ministère de l’agriculture a réuni l’ensemble de la filière porcine il y a près d’un mois pour trouver une issue au conflit sur les prix. Abatteurs et distributeurs se sont engagés à augmenter les prix d’achat à Plérin de 5 centimes par kilo par semaine jusqu’à atteindre 1,40 €. Malheureusement, les pouvoirs publics eux-mêmes reconnaissent que l’objectif n’a pas été atteint, notamment certains concurrents européens se sont montrés agressifs.

Le ministère a également promulgué un arrêté encadrant les promotions, alors que 50 % de la viande de porc vendue en grande surface est achetée à prix cassés. À plus long terme, il incite la distribution à apposer le logo « le porc français » dans les rayons.

LA FILIÈRE LAIT

> Les raisons de la crise

Les prix du lait ont baissé de 12 % sur un an, entre mai 2015 et mai 2014, pour s’établir à 303 € les 1 000 litres, selon le ministère de l’Agriculture. Soit une chute de 41 €. À ce niveau, nombre d’éleveurs éprouvent des difficultés de trésorerie. « Avec un tel prix du lait, il manquera sur un an 50 000 € de fonctionnement pour une exploitation moyenne produisant 350 000 litres », estime le syndicat (minoritaire) de la Coordination rurale.

> Lire aussi : La filière lait au défi de la fin des quotas

Les prix du lait ont commencé à se replier en octobre 2014, après 18 mois de hausse, en particulier parce que la production mondiale a progressé plus vite (+ 2,5 %) que la consommation (+ 1,8 %), ce qui a créé un déséquilibre. En plus, la Chine, l’un des premiers importateurs mondiaux, a connu un léger repli, tandis que l’embargo russe sur l’agroalimentaire occidental a contribué à déstabiliser le marché européen (la fin des quotas laitiers en Europe, effective depuis le 1er  avril, n’a pas encore de réels effets).

Cette chute a ravivé les tensions entre producteurs et transformateurs. La semaine dernière, le président de l’interprofession laitière (Cniel) qui regroupe les trois collèges (production, transformation privée et coopératives), Thierry Roquefeuil, a démissionné de son poste en estimant« que les transformateurs restaient sourds et muets face à une conjoncture fortement dégradée pour les éleveurs ».

> Les pistes de progrès

S’ils ont parfois rejoint dans les manifestations leurs collègues éleveurs de viande bovine et porcine, les producteurs de lait font face à une crise bien moins aïgue. « La filière est plus robuste, souligne Vincent Chatelier. Elle est bien adaptée à l’ouverture des marchés, avec de grands groupes industriels de taille mondiale comme Lactalis, Bongrain rebaptisé Savencia, Sodiaal, Bel, Danone. Ils sont bien positionnés sur les produits à forte valeur ajoutée. »

Signe qui ne trompe pas, la balance commerciale française est positive et elle s’améliore : +3,7 milliards d’euros en 2014, dont 2,3 milliards avec les pays non-européens (1,3 milliard en 2010).

SÉVERIN HUSSON

 

ALAIN JUPPE LE 19 JUILLET

L’élevage français est confronté à une très grave crise qui plonge dans le désarroi les éleveurs porcins, bovins et les producteurs de lait. Cette crise est aggravée par la sécheresse qui menace.
Je souhaite faire part de mon total soutien aux agriculteurs qui ne peuvent plus vivre dignement de leur métier. Nul ne peut rester indifférent à cette situation dramatique.
Le Sénat a organisé cette semaine une conférence agricole qui a permis de réunir l’ensemble des acteurs de la filière alimentaire. C’est une initiative que je salue.
Les éleveurs attendent que nous agissions :

  • Des engagements ont été pris par les acteurs des filières bovine et porcine, industriels et distributeurs, pour mieux rémunérer les éleveurs. Ces engagements doivent être tenus. Il en va de l’avenir de centaines de producteurs. Les agriculteurs doivent être payés au juste prix.
  • Les éleveurs rencontrent de grandes difficultés de trésorerie : il faut traiter la question du désendettement, et en particulier des jeunes agriculteurs. L’État doit agir sans tarder.
  • Chacun peut aider les éleveurs : Je souhaite redire à nos concitoyens, qui sont tous des consommateurs, que lorsqu’ils font leurs courses, ils doivent être attentifs à l’origine des produits. Acheter responsable, c’est aussi acheter français en payant le juste prix.
  • ​Enfin, il faut que l’Europe réagisse avec force pour soutenir ces secteurs confrontés à une très forte volatilité des prix : la commission européenne doit être aux côtés des agriculteurs européens et français. Elle a les moyens d’agir !

Je suis inquiet comme je ne l'ai jamais été pour l'agriculture française qui est en train de mourir en silence, avec un ministre de l'Agriculture qui est aux abonnés absents et s'occupe davantage du PS que des paysans français ! 
Monsieur Le Foll, mettez-vous au travail et respectez les agriculteurs français !

Ce que j'ai appris de nos agriculteurs durant 3 ans au ministère, c'est qu'ils ne veulent pas de belles paroles, ils veulent des décisions, des actes ! J'en propose 3 :
1) Mieux rémunérer le travail nos éleveurs en faisant remonter les prix de la viande, sinon ils vont crever
2) Créer un label "viande française" pour valoriser nos viandes et nos producteurs à l'export
3) Simplifier les normes environnementales qui sont plus contraignantes pour les paysans français que pour nos voisins européens

 

Un article de Thierry Merret qui nous est confié par notre collégue Ronan Kerrien

 

Dogmatisme urbain et médiatique : les paysans en souriraient presque s'il ne se transformait pas en réglementations contraignantes ! Avec la réforme territoriale en toile de fond…

L’agriculture et l’agroalimentaire sont des secteurs stratégiques pour la France : aucun doute n’est permis, et c’est un devoir absolu de les maintenir au rang qu’ils méritent. Alors que d’autres Etats l’ont bien compris, la France regarde le train passer. La France s’égare dans un flot de débats quasi ésotériques sur l’existence d’un soi-disant « modèle agricole », plaçant ainsi au second plan les actions nécessaires à notre secteur : simplification administrative, compétitivité, rééquilibrage des négociations commerciales. Nos politiques devisent tandis qu’il faudrait agir, ou plutôt laisser les entrepreneurs agir. Sur tous les territoires français, l’énergie de paysans, et de bien d’autres, est là, créative, innovante, pourvoyeuse d’emplois. Mais plutôt que de libérer les énergies dans nos territoires ruraux, la politique agricole est gangrenée par une forme de dogmatisme urbain adepte du « small is beautiful ». Les paysans traînent à leur pied le boulet de la bien-pensance urbaine, qui oppose « petites » aux « grosses » exploitations, l’agriculture « biologique » à l’agriculture « intensive », les circuits courts à l’export… Brièvement résumé, il y aurait d’un côté les « bons » agriculteurs, et de l’autre les « mauvais ». Face à ce manichéisme, il est plus qu’urgent d’apporter de la nuance ! Arrêtons de parler de « modèle agricole », car il existe une multitude de types d’agriculture ou de façons de produire, sous un même climat et sur un même territoire.

"Les ruraux peuvent légitimement craindre
que les métropoles ne deviennent
des Paris en province

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