7)Chômage : stricte réforme

6)Assurance-chômage, les pièges d’une négociation

 5)chômage : la malédiction 

4)Formation professionnelle, la feuille de route de la réforme

3)Chômage. Du mieux en France, pas en Bretagne

2)Pauvreté  :à qui la faute

1)La France reste un mauvais élève au niveau européen en matière de chômage,

7)Chômage : stricte réforme

 

Edouard Philippe
(Photo AFP)

Le Premier ministre, Édouard Philippe, reçoit ce matin à l’Hôtel-Matignon, en compagnie de Muriel Pénicaud, ministre des Affaires sociales, les syndicats et le patronat pour leur annoncer les nouvelles dispositions en matière d’assurance-chômage. Celles-ci vont probablement entraîner des réactions négatives chez les employeurs et les employés.

LE GOUVERNEMENT s’est saisi de l’affaire parce que les négociations directes entre les syndicats et le Medef ont échoué au cours de l’hiver dernier. C’est la première fois depuis 1982 que les pouvoirs publics s’emparent des relations sociales pour en redéfinir les règles qui régissent l’indemnisation des chômeurs. Le climat est d’autant plus lourd que le projet gouvernemental déplaît à la fois aux organisations syndicales, aux représentants des cadres et au patronat. Cependant, le Premier  ministre est incité à trancher le nœud gordien car l’assurance-chômage a accumulé un déficit de 35 milliards et son premier objectif est de la désendetter. Son deuxième objectif est de ramener le taux de chômage à 7 % en 2022 et de recouvrer le plein emploi en 2025. Les syndicats protestent contre un projet qui consisterait à économiser entre 1 et 1,3 milliard d’euros par an et qui permettrait à l’État de financer partiellement les dépenses publiques provoquées par la crise des gilets jaunes.

Bonus-malus.

Invité hier soir sur la 5, Édouard Philippe a nié que l’État cherche à faire des économies, ce qui, pourtant, entre dans logique du retour aux équilibres budgétaires. « Nous voulons faire en sorte, a-t-il déclaré, que le travail paie plus que l’inactivité ». C’est ce concept réformiste qui lui vaut le plus de critiques. Le patronat s’accroche aux contrats courts dont il semble faire un usage excessif. Le gouvernement a donc mis en place un système dit de bonus-malus qui encourage financièrement les contrats longs et pénalise les courts. Les patrons insistent sur la nécessité de recourir aux contrats courts, notamment dans les métiers saisonniers, par exemple l’hôtellerie et la restauration, l’hébergement médico-social, la santé et l’action sociale.  Les pouvoirs publics ne sont soutenus sur ce point que par le Medef. Quant aux économies, elles obéiraient au schéma suivant : jusqu’à présent, il suffisait de travailler quatre mois sur les 28 derniers mois pour obtenir une indemnisation, dorénavant, il faudra 6 mois d’activité sur 24. Huit cent mille personnes, sur un total de trois millions six cent mille chômeurs, bénéficient de ce dispositif qui va donc devenir plus contraignant.

Le fait accompli.

Les syndicats considèrent qu’ils ont été mis devant le fait accompli. Le gouvernement entend réformer un système qui est un tonneau des Danaïdes mais dont les déficits ne peuvent être comblés que par le sacrifice financier des chômeurs. Édouard Philippe explique que les normes françaises en matière d’assurance-chômage sont trop généreuses et entraînent des dépenses inacceptables. Il n’a pas tort. Mais, au fond, sa réforme consiste à demander aux chômeurs ou aux personnes travaillant par intermittence de financer leur propre chômage par leurs propres deniers, ce qui est une forme de régression. On ne s’en étonne pas dès lors que, dans le dilemme créé par des dépenses sociales dont le financement accroît la dette publique, il n’y a jamais d’autre solution, si l’on veut diminuer les dépenses, que de renoncer aux avantages sociaux.

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6)Assurance-chômage, les pièges d’une négociation

Les organisations patronales et syndicales reprennent ce vendredi 9 novembre la négociation sur les règles de l’assurance-chômage. Le gouvernement leur impose de trouver entre 3 et près de 4 milliards d’euros d’économies sur trois ans.

ZOOM

Une jeune femme au guichet d'un centre pôle emploi / Gilles Bassignac/Divergence

C’est une négociation en forme de piège qui attend les partenaires sociaux, gestionnaires de l’assurance-chômage, à partir de vendredi 9 novembre : « Soit ils échouent à trouver les économies demandées par le gouvernement, et l’État reprendra la main sur l’assurance-chômage ; soit ils auront à assumer des décisions impopulaires », résume un très proche du dossier.

Le but de ce nouveau round de négociation a été fixé par le gouvernement dans la lettre de cadrage rendue publique fin septembre : trouver « entre 3 et 3,9 milliards d’économies » en trois ans sur l’assurance-chômage. Le gouvernement souhaite en effet accélérer le désendettement du régime, dont la dette, creusée par dix ans d’une crise exceptionnelle, atteint 35 milliards d’euros. Si le désendettement a commencé, « il faut aller plus vite, plaide-t-on au ministère du travail, avant que nous ne soyons rattrapés par le prochain retournement conjoncturel ».

Une issue incertaine

À défaut de tenir cet objectif d’économies, l’accord attendu ne sera pas agréé par le ministère du travail, qui reprendra les rênes sur l’assurance-chômage et imposera ses choix… au risque de porter un coup fatal à l’un des derniers grands bastions du paritarisme.

Conscients de l’enjeu, les cinq syndicats de salariés représentatifs et les trois organisations patronales ont accepté de négocier. Mais l’issue des discussions est incertaine. « Pour trouver ces économies, il n’y a pas trente-six moyens, précise ce proche du dossier. Soit on baisse le montant des allocations, soit on indemnise sur des durées plus courtes, soit on restreint les conditions d’accès ». Une perspective qui rebute les syndicats. Quant à une augmentation des recettes – par la hausse des cotisations –, elle est exclue d’emblée par les organisations patronales et par le gouvernement qui ne souhaitent pas augmenter le coût du travail.

De plus en plus d’activité réduite

Une autre piste est avancée par le ministère du travail : changer les règles d’indemnisation, afin que les chômeurs soient incités à reprendre un emploi en CDI, notamment dans les secteurs qui peinent aujourd’hui à recruter, plutôt que d’alterner durablement des CDD, de l’intérim ou du temps partiel avec des périodes de chômage indemnisées. Une proportion croissante d’allocataires – 1,6 million par mois en moyenne – se trouve effet dans cette situation dite d’activité réduite, et pour des durées de plus en plus longues.

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Mais cette situation est-elle choisie ou subie ? Une enquête commandée par l’Unédic, l’organisme gestionnaire du régime, menée auprès de 5 000 allocataires qui ont travaillé au moins une heure en juin 2018, permet d’en savoir plus sur cette catégorie de demandeurs d’emploi. La grande majorité d’entre eux ont d’abord une connaissance très limitée des règles d’indemnisation.

Difficile dans ces conditions de travailler « juste ce qu’il faut » pour recharger ses droits au chômage et ne pas être trop perdant d’un point de vue financier. « Il est difficile d’optimiser une règle qu’on ne connaît pas », souligne un négociateur.

Le souhait de travailler plus

Deuxième constat : la grande majorité d’entre eux préféreraient travailler plus s’ils le pouvaient : 68 % des personnes interrogées ayant occupé un CDD ou une mission d’intérim auraient préféré bénéficier d’un CDI. Deux tiers des allocataires ayant travaillé à temps partiel auraient eux aussi souhaité travailler davantage.

Le souhait de « conserver du temps libre pour des activités personnelles » ou « de garder une certaine liberté vis-à-vis de son employeur » figure parmi les motivations pour refuser un CDI. Mais elles ne concernent qu’une minorité. « Ce n’est pas en évitant ces comportements que l’on trouvera 3 milliards d’économies », conclut un expert. Les problèmes de transport et de garde d’enfant apparaissent par ailleurs comme des freins majeurs à la reprise d’emploi.

Le cas des « récurrents » 

Le gouvernement souhaite que les partenaires sociaux s’attellent au cas particulier des personnes réembauchées régulièrement par le même employeur, pour des contrats de quelques jours, voire d’une journée : ces « récurrents », pris dans une nasse de précarité, seraient dorénavant 400 000, concentrés dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, de l’hébergement médico-social ou des instituts de sondage.

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Selon une autre étude toute récente de l’Unédic auprès des entreprises, ces personnes constituent une forme de « vivier local » pour des employeurs pris par le temps, qui n’ont pas de politique de ressources humaines et qui n’anticipent pas leurs besoins. « Les causes sont multiples, mais il y a une perte de contrôle collective » décrypte un négociateur. La façon dont les employeurs pourraient être incités à trouver d’autres modes de gestion de leur main-d’œuvre - bonus-malus ou autre dispositif - sera l’un des points durs de la négociation.

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La réduction du chômage sera plus lente

La Commission européenne prévoit la poursuite de la baisse du chômage en France cette année et les prochaines, « à un rythme cependant plus faible qu’en 2017 ». C’est ce qui apparaît dans ses prévisions d’automne publiées jeudi 8 novembre. Le taux de chômage, qui est passé de 10,1 % en 2016 à 9,4 % l’an dernier, devrait atteindre 9 % en moyenne cette année, 8,8 % en 2019 et 8,4 % en 2020. Cela s’explique notamment par le fait que « l’effet des diminutions des cotisations sociales devrait progressivement s’estomper », souligne la Commission. Sur cinq ans, de 2015 à 2020, le chômage devrait avoir été réduit de 2 points de pourcentage.

Emmanuelle Réju

 5)chômage : la malédiction

Manif’ pour l’emploi le 2 décembre dernier
(Photo AFP)

L’économie française a créé environ 250 000 emplois en 2017, mais le nombre de chômeurs n’a diminué que de 13 000. Les explications techniques de cette contradiction ne sont pas rassurantes. Elles indiquent en effet une inadaptation de la formation professionnelle au marché du travail.

L’HÉRITAGE de François Hollande n’est pas tout mauvais et l’embellie dans la croissance a aussi pour raison les mesures que le précédent président a prises pour relancer l’industrie, toutes destinées à diminuer le coût du travail et à faire en sorte que les entreprises reconstituent leurs marges.La majorité des emplois créés en 2017 est constituée de contrats à durée indéterminée (CDI), ce qui est positif car il s’agit emplois durables.  D’autres dispositions du précédent quinquennat, comme la création de 500 000 formations qui ont eu immédiatement un impact technique sur le taux de chômage, ont été abandonnées après les élections de 2017. Ce qui expliquerait que les bilan de l’an dernier soit si peu enthousiasmant.

L’impact des réformes.

Il vaut mieux s’orienter vers les déficiences structurelles de notre marché du travail si l’on veut combattre le chômage avec efficacité, sans tomber dans les polémiques sur les qualités respectives de la gestion hollandaise et de celle de Macron. Aussi bien le président actuel se montre lui-même très prudent sur l’évolution du chômage pendant son quinquennat puisqu’il pense que le taux tombera à 7,5% en 2022. Ce n’est pas encourageant : plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, ont un taux de chômage résiduel (à 4 %, on parle de plein emploi) et la Grande-Bretagne. La France se situe dans le groupe méridional de la zone euro. Son taux est cependant inférieur à celui de l’Italie et de l’Espagne.  La vraie question porte sur sur la résistance du chômage en France que n’entament ni les mesures prises par M. Hollande et dont l’effet commence à s’estomper, ni les réformes lancées par M. Macron. Le nombre de personnes en chômage de longue durée ne cesse d’augmenter, en dépit des créations d’emplois qui semblent surtout s’adresser aux jeunes arrivant sur le marché, mais pas ceux qui attendent de trouver un emploi depuis un an ou plus.

Patience et longueur de temps.

La manière optimiste de voir les choses, c’est de se dire que toute réforme prend du temps pour induire un changement. C’est la convergence de la baisse du coût du travail, la hausse du nombre de formations, la réforme de l’apprentissage, la préparation aux emplois utiles à l’industrie qui viendront à bout du chômage en France. Si le chef de l’État est aussi prudent sur le sujet, c’est qu’il est parfaitement conscient des pesanteurs d’une formation professionnelle qui coûte bon an mal an une trentaine de milliards et donne des résultats manifestement insuffisants. Ce n’est pas seulement la crise de 2008 que nous payons, c’est l’accumulation de traditions industrielles et syndicales qui faisaient de l’assurance chômage l’alpha et l’oméga de la politique de l’emploi : indemniser les chômeurs et revendiquer des hausses de salaires qui affaiblissent notre compétitivité à l’exportation, tel a été le mot d’ordre syndical depuis quarante ans.

Macron et son gouvernement se sont attelés à la « transformation », le mot qui remplace celui de réforme, que les Français n’aiment guère. Mais il ne faut pas oublier que le taux de chômage n’a pratiquement pas cessé d’augmenter en France depuis le choc pétrolier de 1974. Un quinquennat ne sera donc pas suffisant pour absorber les trois millions de chômeurs que compte le pays. Il en faudra sans doute un autre, et beaucoup de chance, pour que nous retournions à une situation de plein emploi.

RICHARD LISCIA

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4)Formation professionnelle, la feuille de route de la réforme

Le ministère du travail a donné mercredi 15 novembre aux partenaires sociaux leur feuille de route sur la réforme de la formation professionnelle. Objectif : revoir de fond en comble le fonctionnement du système.

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Laetitia Gaborit, MOF 2007, formatrice, donnant un cours sur les modes et techniques de decoupe de fromage a de futurs diplomes de l’IFOPCA en Certificat de Qualification Professionnnelle CQP, dans le cadre d’une reconversion professionnelle. / Lydie LECARPENTIER/REA

Rêvons un peu. Vous êtes salarié (ou chômeur). Vous souhaitez suivre une formation pour maintenir à jour vos compétences, monter en grade ou entamer une reconversion professionnelle. Vous allez sur un site Internet et en cinq clics, vous vous inscrivez au module de formation que vous souhaitez, sans demander l’avis de personne et sans toucher à votre compte en banque. Une utopie, au regard de la complexité actuelle du système ?

C’est pourtant la « transformation » que souhaite mettre en œuvre le gouvernement. « Nous y tenons autant qu’à la réforme du code du travail, assure-t-on au ministère du travail. C’est un enjeu crucial pour maintenir notre compétitivité, dans un monde où la bataille des compétences est engagée. »

Deux mois et demi pour rebâtir un système datant de 1971

Cet objectif figure dans la feuille de route qui a été envoyée mercredi 15 novembre aux partenaires sociaux. À charge pour ces derniers de mettre en musique le cadre fixé par le gouvernement, dans un délai particulièrement contraint.

Organisations patronales et syndicats de salariés ont en effet jusqu’à fin janvier pour trouver un accord, qui pourrait être intégré dans le projet de loi que le gouvernement souhaite déposer en avril prochain. Soit deux mois et demi pour rebâtir un système datant de 1971 et qui, s’il a été réformé plusieurs fois, a gardé son architecture générale. « Cette fois, on repart de zéro », assure-t-on au gouvernement.

Première exigence : en finir avec la complexité administrative. Les partenaires sociaux devront mettre en place un outil permettant à chacun de connaître ses droits à la formation ; les offres disponibles sur le bassin d’emploi ; les formations préparant aux compétences requises pour ces emplois ; le taux de retour à l’emploi des formations proposées.

Quels seront les financements ?

Il sera possible de s’inscrire en ligne, sans avoir à solliciter son responsable de ressources humaines ou son conseiller Pôle emploi, et sans avoir à monter un dossier administratif. Le compte personnel de formation pourra être libellé en monnaie sonnante et trébuchante – cette question reste ouverte – et non en heures, comme aujourd’hui.

Au passage, le compte personnel de formation et le congé individuel de formation (CIF) seront fusionnés. Une telle révolution pose la question de la survie d’organismes intermédiaires comme les Fongecif – qui géraient les CIF – et les Opca, ces organismes paritaires qui collectaient une partie des fonds de la formation professionnelle…

Autre question cruciale : quels seront les financements ? Les entreprises continueront de financer la formation continue des salariés, ce qui constitue une obligation légale. Mais les modalités de financement seront revues de fond en comble.

« Le 1 %, c’est fini », prévoit une source proche du dossier. Cette contribution obligatoire sur la masse salariale servait à financer les plans de formation internes, les comptes personnels de formation, les congés individuels de formation, voire la formation des chômeurs.

« Tout cela va être rediscuté », prévoit le gouvernement. Les partenaires sociaux devront néanmoins rebâtir un système de péréquation, susceptible d’aider les PME à financer leurs actions de formation.

Nouvelle contribution de 0,3 % maximum de la masse salariale

Seule certitude du côté des finances : une nouvelle contribution de 0,3 % maximum de la masse salariale sera prélevée pour aider à la formation des demandeurs d’emploi. Une contribution unique qui viendra remplacer plusieurs prélèvements à la tuyauterie particulièrement complexe, donnant lieu chaque année « à de très longues discussions entre divers organismes », relève-t-on au ministère du travail. Résultat : la contribution des partenaires sociaux à la formation des demandeurs d’emploi sera portée à 1,5 milliard d’euros, contre 700 à 800 millions à l’heure actuelle.

Enfin, un grand ménage est attendu parmi les organismes de formation. « Si les gens ont plus d’autonomie, ils doivent pouvoir se repérer dans le système », assure-t-on au ministère du travail. Les partenaires sociaux sont donc invités à bâtir un système de certification, avec indicateurs de qualité à la clé.

La balle est désormais dans le camp des partenaires sociaux. S’ils acceptent de négocier – ce qui devrait être le cas –, les modalités de leur accord devraient se retrouver dans la loi, sous réserve de respecter la feuille de route. « Juridiquement, rien n’oblige le gouvernement à reprendre tel quel le texte de l’accord, précise une source gouvernementale. Mais politiquement, il serait logique que la loi y soit le plus fidèle possible. »

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Le compte personnel de formation et le CIF

Le compte personnel de formation. Il a pris la suite du droit individuel à la formation (DIF) en 2014. Ce compte ouvre des droits à la formation attachés à la personne, qu’il peut utiliser même quand il quitte son entreprise. Pour le moment, il est abondé de 24 heures par an pour un salarié travaillant à temps plein.

Le congé individuel de formation (CIF). C’est un congé qui permet à un salarié de s’absenter de son poste afin de suivre une formation pour évoluer ou se reconvertir. Il s’agit de formations longues, financées par une cotisation des entreprises, et gérées par des organismes paritaires (Opacif et Fongecif).

Emmanuelle Réju

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3)Chômage. Du mieux en France, pas en Bretagne

 
Le Télégramme

 

Pour le deuxième mois consécutif, le nombre de demandeurs d'emploi a baissé en France. En revanche, en Bretagne, la courbe repart à la hausse.

« La bataille est longue » mais « elle porte ses fruits ». François Hollande n'est pas - encore - candidat à la présidentielle, mais, hier, le chef de l'État, qui a conditionné sa décision à une baisse « crédible » du chômage, s'est félicité de ce nouveau recul. « Depuis le début de l'année, le chômage baisse même s'il reste trop élevé », a poursuivi le chef de l'État. Et pour cause, depuis le début du quinquennat, 556.000 chômeurs sont venus grossir les rangs de Pôle emploi.

Deuxième mois consécutif de baisse


Malgré tout, en octobre dernier, le chômage a reculé de 0,3 % en octobre. Soit 11.700 demandeurs d'emploi sans activité (catégorie A) en moins. Il s'agit du deuxième mois consécutif de baisse - fait rare - après un repli historique en septembre (-66.300). Et depuis le début de l'année, 101.700 demandeurs d'emploi sans activité ont quitté les listes de Pôle emploi. Le reflux touche encore une fois principalement les jeunes, avec une diminution de 7.400 du nombre de moins de 25 ans en catégorie A, portant la baisse annuelle à 8,2 %. En revanche, chez les seniors, la courbe poursuit son ascension : + 1,6 % sur un an. En comptant les demandeurs d'emploi exerçant une petite activité (catégories B et C), le nombre d'inscrits s'élève à 5,46 millions. En revanche, en Bretagne, c'est la douche froide. Le chômage progresse de 1,2 % en octobre. Soit 1.720 demandeurs d'emploi en plus dans la catégorie A. Si on y ajoute, les catégories B, C, D et E, on constate toutefois un léger recul de - 0,4 %.


© Le Télégramme
 

 

2)Pauvreté  :à qui la faute

Un dîner de Noël des Petits frères des pauvres
(Photo AFP)

Le Secours catholique a adressé une lettre aux candidats de la droite à la primaire pour qu’ils discutent des moyens de réduire le taux de pauvreté en France.

L’ORGANISATION caritative insiste sur une plaie sociale qui mine la cohésion de la société française. Le taux de pauvreté en France se situe à 14 % de la population. Il n’a pas diminué depuis 2000, sauf en 2004, où il est tombé à 12,6 %. La mesure de la pauvreté consiste à dire qu’un individu qui gagne moins de 840 euros par mois, soit seulement 60 % du revenu médian, ne peut décemment faire face à ses besoins essentiels. La barre est-elle trop haute ou trop basse ? Il est bien difficile de se prononcer. Si l’on retient la méthode de calcul, une famille de quatre personnes disposant de 3 300 euros par mois serait dans la pauvreté.

Une réalité douloureuse.

On peut se méfier des chiffres, pas d’une réalité douloureuse qui affiche de terribles inégalités de revenus. De plus, il est utile et efficace de situer la barre à un niveau élevé car, en dépit de la crise économique et sociale qu’elle ne parvient pas à surmonter, la France est un pays riche où tout le monde devrait bénéficier d’une vie décente. L’initiative du Secours catholique semble d’autant plus nécessaire qu’elle ramène la politique à ce qui devrait être son débat essentiel : comment faire de notre société un monde solidaire. Cependant, il est curieux que le Secours catholique ne s’adresse qu’aux candidats de la droite. La droite et la gauche sont également responsables des inégalités puisqu’elles n’ont cessé de gouverner alternativement ou ensemble depuis 35 ans. Le scandale ne réside pas uniquement dans le fait qu’il y ait tant de pauvres dans un pays riche, il se situe dans un système qui paie 600 milliards d’euros par an en prestations sociales, mais n’arrive pas, avec de telles sommes, à sortir neuf millions de personnes de la précarité.
Comment ne pas tirer de cette énorme contradiction la déduction que plus on aide les démunis, moins on les arrache à la misère ? Comment ne pas comprendre que ce dont ils ont besoin, ce n’est pas la charité mais un bon travail qui assure une vie correcte ? Pour prendre le chemin d’une société plus égalitaire, peut-être ne faut-il pas augmenter les aides sociales à l’infini. Si on peut tirer une leçon des hausses d’impôts censées financer les besoins de la population défavorisée, c’est que l’obésité de notre protection sociale a pour corollaire la précarité, aussi paradoxal que cela puisse paraître. En effet, plus les taxes sont élevées, moins il reste d’argent pour la consommation et pour les investissements. Si, au contraire on dégage assez d’épargne pour investir, on montera des structures de production qui créeront de l’emploi, payeront des taxes et embaucheront du personnel.

La dignité passe par le travail.

L’erreur consiste à croire que la générosité publique est l’alpha et l’oméga du bonheur français. C’est faux. Les gens ne veulent pas que de l’argent, ils veulent de la dignité. Beaucoup d’entreprises, obsédées par leurs profits, ne souhaitent pas, j’en conviens, jouer ce jeu-là. La réforme ne doit donc pas se limiter à un transfert des fonds publics vers les dépenses utiles. Elle doit concerner le fonctionnement des entreprises, qui n’ont toujours pas compris que, si les gens sont prospères, leur marché se développera. Il leur appartient d’investir davantage. Le problème crucial posé par le Secours catholique dépasse les convictions partisanes. Nous n’établirons jamais la justice sociale si nous augmentons complaisamment le nombre d’assistés. Certes le changement est difficile à opérer. Beaucoup de postes de travail ne sont pas occupés parce que les citoyens ne sont pas tous qualifiés. Il faut, en conséquence, faire un effort essentiel en direction de l’éducation et de la formation, ce qui implique une hausse du budget de l’Éducation nationale. En outre, le passage au plein emploi est d’autant plus compliqué que, en attendant que tout le monde ou presque, dispose d’un travail, il n’est pas question d’abandonner les déshérités à plus de misère. Cela montre que l’appel du Secours catholique porte sur l’unique enjeu de ces élections : ceux qui affirment que le scrutin de 2017 offre au pays une chance ultime de redressement n’ont pas tort.

RICHARD LISCIA

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1)La France reste un mauvais élève au niveau européen en matière de chômage, malgré les bons chiffres du second trimestre 2016.(la croix)

 

Avec un taux de chômage de 9,9 % au second trimestre 2016, la France (outre-mer compris) peut se féliciter de passer sous le seuil symbolique de 10 %. Mais elle est encore au-dessus de la moyenne de l’Union Européenne (8,6 %).

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Si elle reste dans la moyenne de la zone euro, établie elle à 10,1 % au second trimestre 2016, la France se classe 13e sur les dix-neuf pays partageant la monnaie unique. Autrement dit, seuls six pays affichent des taux de chômage supérieurs ou égaux à l’Hexagone, qui est encore très loin des faibles taux enregistrés à Malte (4,1 %) et en Allemagne (4,2 %).et l’Estonie, où il est resté stable, et l’Autriche, où il a augmenté (à 6,1 %).

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